Document établi par le Docteur Jean BOUDERLIQUE

St-Quentin/Montbrehain

Février 2004

 

 

 

MARCHAND DE CHARBON

 

 

 

                   A Montbrehain, j’ai connu deux marchands de charbon : Père CONDAL, d’origine bretonne et Père HOURIEZ. Le premier habitait rue de l’Abbaye et son fils qui lui a succédé est venu s’installer au rond point de la rue de Chantraine, le second, sur la route de Bohain. Son commerce fut repris à une certaine époque par Paul VATIN, dit Tiot Paul MIQUEL.

 

                   Après la guerre, ils livraient le charbon, que ce soin des gazettes de boulets, du coke, des briquettes à l’aide d’une voiture tirée par un cheval. Dans la cour se trouvaient les différents tas suivant leur catégorie. Au milieu, une bascule  pesait les sacs par 50 kg. Un dispositif de déclenchement permettait de remplir directement les sacs. Ils étaient ensuite chargés dans le tombereau ou le chariot.

 

                   Il arrivait que certains clients qui avaient le chauffage central faisaient rentrer dans leur cave plusieurs tonnes de charbon pour l’hiver, en vrac.

 

                   Le charbon arrivait des mines du Nord, transporté par le train, à charge pour le marchand de charbon d’aller le décharger pour le ramener dans sa cour. Il faisait ensuite le détail. C’était un métier fatigant, tout se passait à dos d’homme.

 

                   Ce métier a très bien été décrit par Claude MASSE à VILLERS-OUTREAUX, dans son poème picard : « E’s Marchand   e’d  carbon » :


 

Allez Bichette, on va y aller

Bichette, c’était une brave jument

De son maître, elle comprenait le parler

Tous deux ont vieilli en même temps.

 

Son maître, c’était le marchand de charbon

Encore une bonne figure d mon village.

Quand j’y repense, comme il était bon

Encore un qui était plein de courage.

 

Bichette attelée à son tombereau

Chargé de « gayettes », de coke ou de boulets,

Il marche à côté tout heureux

Et il n’arrête pas de lui parler

 

 

Quand ils sont à destination,

Il bascule tout près de la cave

Par le soupirail, il envoie le charbon

Sans supplément, c’était un brave.

 

Et puis, ils s’en revont tout doucement

Refaire un voyage pour un autre

Et toujours tout au long du chemin

Ils ont l’air de se parler l’un l’autre.

 

Tout en remuant mes souvenirs,

Je suis content del’avoir retrouvé

En y repensant, je suis tout sourire

De le revoir, lui et puis son bidet.

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De le revoir, lui et puis son bidet.