Divorce de Nicolas d’Amerval et
Gabrielle d’Estrées
Nicolas d’Amerval, seigneur de Surfontaine, Liancourt, Benay, etc. , chevalier des ordres du roi , gentilhomme de sa chambre, enseigne de 100 hommes d’armes des ordonnances, gouverneur et bailli de Chauny.
Il épouse :
1° Anne de Gouffier, dont : Nicolas ; Antoine, seigneur de Surfontaine ; Charlotte, femme d’Olivier de Longueval ; Marie, femme d’Isaac de St-Simon, seigneur de Clastres ; Esther, femme de Denis de Rosie, vicomte de Voisins.
2° Gabrielle d’Estrées, maîtresse de Henri IV, dont elle songea à se faire épouser. Il fallait pour cela obtenir la cassation de son mariage avec Nicolas d’Amerval, et dans ce but elle l’accusa d’impuissance auprès de l’official d’Amiens. Elle lui exposa qu’à l’âge de 18 ans, ses parents l’avaient contrainte d’épouser d’Amerval, et qu’après deux ans d’attente, le mariage n’était point encore consommé. D’Amerval fit défaut ; mais voulant protester publiquement de la violence qui lui était faite, il fit et déposa entre les mains d’un notaire d’Amiens, son testament renfermant la déclaration suivante :
« …..Et parce que, pour obéir au roy et de crainte de perdre la
vie, je suis sur le point de consentir à la dissolution du mariage de moy et de
ladite d’Estrées, suivant la poursuite qui s’en fait devant l’official
d’Amiens, je déclare et proteste devant Dieu et devant les hommes, je jure et
affirme que si la dissolution se fait et ordonne, c’est contre ma volonté et
par force, pour le respect du roy, n’estant véritable l’affirmation, confession
et déclaration que le pourrois faire estre impuissant et inhabile pour la
copulation charnelle et génération. Et en tesmoignage de ce que dessus, j’ai
signé ce mien testament et cette déclaration et profession que j’ai escripte de
ma propre main, et de laquelle j’entends ici après que moy et les miens nous
pourrons servir pour faire annuler tout ce qui sera fait et ordonné par ledit
official, à mon préjudice et de mondit mariage ; lequel présent testament
et déclaration j’ai voulu tenir secrets, et à cette fin, ai clos et fermé la
feuille de papier présente où les ai escriptes, et l’ai cachetée de mon cachet
où sont empreintes mes armes, et prétentions de les exhiber ainsi cachetés et clos
pardevant deux notaires royaux audit
Amiens. ……. Fait et signé de ma main, aujourd’hui 12 décembre 1594. »
Sur ces entrefaites, l’official de Noyon réclama la connaissance cette affaire, le sieur d’Amerval étant seigneur d’un village du diocèse de Noyon, et par conséquent placé sous sa juridiction. La cause fut donc portée devant le chapitre de Noyon, le siège vacant. D’Amerval comparut pour récuser ce tribunal, sous prétexte que le siège de Noyon avait été promis au frère de Gabrielle. On passa outre, et des médecins et chirurgiens furent commis à l’effet de constater l’imbécillité et frigidité dudit d’Amerval, qui protesta de nouveau en rappelant qu’il avait des enfans de sa première femme. L’official de Noyon n’en prononça pas moins le divorce le 7 janvier 1595, déclarant le mariage des parties avoir été conclu contre les lois et statuts de l’église.
3° Cette sentence n’empêcha point d’Amerval de contracter peu de temps après une troisième union avec Marguerite d’Autun, union qui fut, dit-on, encore rompue sous le même prétexte d’impuissance.
D’après le « Dictionnaire
historique généalogique et géographique du département de l’Aisne , tome 1 (commune
de Benay) par MELLEVILLE