Département Arrondissement

de l'Aisne de Saint-Quentin


École de Garçons d'Homblières


A.- Territoire occupé par les armées allemandes


I.- Généralités


a).- A quelle date les Allemands ont-ils pris possession de votre village?

Le 28 août 1914.


b) La prise de possession s'est-elle effectuée à la suite d'escarmouches, à la suite de combats sanglants, ou sans coup férir ?

La prise de possession du village s'est effectuée sans coup férir, mais à la sortie, entre Homblières et Harly, les Allemands ont essuyé des coups de feu de la part d'une compagnie du 10ème Régiment d'Infanterie Territoriale.

Un certain nombre de territoriaux ont été tués ou blessés entre les deux villages. Pendant la nuit du 28 au 29, les blessés furent amenés à Homblières dans plusieurs maisons transformées provisoirement en ambulances.

Le lendemain matin, 29 août, un docteur allemand, revolver au poing, est venu me trouver pour la réquisition de 2 chariots qu'il fallait trouver en 10 minutes. Ces chariots étaient destinés au transport des blessés français d'Homblières à Etreux.

Arrivés à Origny-Sainte-Benoîte, ces blessés tombaient au milieu de l'armée française qui les fit évacuer ailleurs.

Au moment où j'accompagnais les chariots à l'ambulance, vers 8 heures du matin, la bataille de Saint-Quentin-Guise faisait rage ; la fusillade crépitait, nourrie, au sud de la route nationale de Saint-Quentin à Guise; des balles vinrent même tomber dans le village ; des pièces de canon, des mitrailleuses, des caissons de munitions boches allaient et venaient dans tous les sens au milieu des rues du village et il m'était difficile de m'y frayer un passage.

Beaucoup d'Allemands furent tués ou blessés dans les environs. Pendant huit jours, les Boches les relevèrent sur le champ de bataille. Plusieurs lazarets furent installés ici, notamment dans la maison de Monsieur Brasset, où se trouvaient plus de 200 Allemands blessés. J'ai pu y voir également deux réservistes français d'un régiment de Rouen et quatre tirailleurs algériens. Les soldats français, à qui j'ai pu parler, m'ont dit être bien soignés, mais cela faisait peine de les voir isolés parmi tant d'Allemands.

Le lendemain de la bataille, le 30 août, j'avais dû, en un quart d'heure, sur l'ordre d'un nouveau docteur, au nom de la Croix rouge internationale, trouver 10 femmes devant servir d'infirmières.

Au bout de quelques jours, les civils purent visiter le champ de bataille. Une trentaine d'Allemands étaient inhumés sur le terroir d'Homblières. A un kilomètre environ de ce terroir, sur les confins de ceux de Regny et de Mesnil-Saint-Laurent, se trouvaient les tombes de trois soldats français: le capitaine Loubet, le sergent Pisani et le clairon Barthet, du 34ème Régiment d'Infanterie de Mont-de-Marsan.

Un peu plus loin, le cadavre d'un autre soldat français, non encore inhumé, tombé dans une garenne à quelques mètres de la lisière, dégageait une odeur pestilentielle.

Enfin, à proximité du terroir de Sissy, à peu de distance de la ferme de Cambry, un endroit où, dans un vallon, nos soldats avaient déposé leurs sacs, leurs vestes, pour mieux se battre, dans la chaleur accablante de la bataille. Au haut du vallon, à la lisière sud d'un bois, les endroits où les nôtres, abrités par le taillis, s'étaient agenouillés pour tirer sur l'ennemi. Le nombre de cartouches vides indiquait suffisamment l'ardeur avec laquelle ils s'étaient livrés au combat. D'autres cartouches, pleines celles-ci, attendaient leur tour d'être brûlées, lorsque l'ordre de retraite fut donné. A quelque distance de ce théâtre d'action brûlante, des douilles d'obus attestaient le passage de notre glorieux 75. Dans le bois, les arbustes, les branches d'arbres avaient été fauchés par la mitraille ou pendaient lamentablement. De place en place, des tombes de soldats français, des fusils brisés, un sabre tordu, un pantalon d'officier zouave, des képis, des vestes déchirées, des cartouches toujours, d'autres tombes de soldats français voisinant avec celles de soldats allemands !!

Par un jour gris et sombre, quand le canon grondait encore au loin vers le sud, que nous étions sans nouvelles de ce qui se passait, où nous étions isolés du reste de notre pays, une tristesse profonde, une angoisse poignante se dégageaient de ce champ de bataille, si fortes, si intenses, que nul ne saurait les dépeindre. Heureusement, la confiance en la justice de notre cause fit passer en nos cœurs ulcérés un si grand espoir indéracinable en la victoire finale qu'il nous donna la force de supporter courageusement le long martyre de l'occupation.

Dans leurs nombreuses visites du champ de bataille, les civils avaient relevé de nombreux livrets militaires, des lettres, des carnets de routes, etc., qu'ils m'avaient remis et qui furent déposés à la mairie où je les conservais pieusement et où ils étaient encore au moment de l'évacuation. Malheureusement, je ne pus les emporter au moment du départ et je ne sais ce qu'ils sont devenus.


c).- Quelle a été l’attitude de l’autorité militaire à l’égard de la population pendant les premiers jours?

Dans la suite de l’occupation?

D'après ce que j'ai pu en juger à la manière de procéder de l'autorité militaire, son attitude fut celle du conquérant orgueilleux considérant comme esclaves les habitants du pays conquis, celle d'une race suffisante, orgueilleuse, se croyant supérieure aux autres et appelée à dominer le monde. Dans son incommensurable orgueil, cette autorité militaire se croyait déjà maîtresse de l'univers.

Elle exigeait d'être obéie immédiatement et sans réflexion permise; la moindre observation était ou pouvait être considérée comme crime de lèse-majesté et pouvait conduire son auteur à la prison ou à la déportation en Allemagne, surtout au début.

Cette attitude arrogante et supérieurement vexatoire pour des caractères français se transforma lentement par la suite, où elle devint plus hypocrite. On la subit alors par résignation, parce que c'était l'indice certain de la mauvaise tournure des affaires allemandes, mais toujours elle fut considérée comme insupportable.


d).- Pouvez-vous rapporter quelques propos authentiques tenus par des officiers ou des soldats, et qui soient caractéristiques de leur état d’esprit ou de l’opinion publique en Allemagne à cette époque?

Parmi les propos tenus en ma présence, j'en choisirai deux qui me paraissent le plus typique et dont je me souviens avec le plus de précision.

1- Vers la fin d'avril 1915, le capitaine Drobig, adjudant de la commandature, apportait à la mairie un ordre de réquisition de 1 300 œufs par semaine. Une observation lui fut faite par Mr Brasset, conseiller municipal, expliquant que les poules, étant occupées à couver à ce moment, il serait impossible de fournir ce nombre d'œufs.

« C'est égal ! » répondit cet officier, d'un ton qui n'admettait pas de réplique et qui voulait dire : « Vous les fournirez tout de même ! » De fait, ce nombre ne fut jamais fourni.

2- Pendant la dernière quinzaine de septembre 1914, une commandature fut établie à Saint-Quentin, pour les communes rurales du canton. Un jour, le commandant arrive, suivi d'un officier remplissant le rôle d'adjudant ou d'officier-trésorier de la commandature. Ils apportaient un ordre sommant la commune d'avoir à payer une contribution de guerre. Quelqu'un fit observer que la commune n'avait pas d'argent. Là-dessus, l'officier-trésorier s'écrie, d'un ton orgueilleux et autoritaire :

« Vous avez voulu la guerre, on va vous la faire connaître ! »

« Non ! Ce n'est pas nous qui avons voulu la guerre, c'est vous ! » m'écriai-je aussitôt, comme poussé par une force irrésistible, sous l'affront fait à mon pays. Quelques conseillers municipaux, craignant une mauvaise tournure de la chose, parvinrent à me calmer. Heureusement, je ne sais comment, la chose en resta là, mais quelques jours après, la Commune, comme toutes les autres d'ailleurs, était obligée de payer une contribution fixée à 6 841 F je crois.

Au début, officiers et soldats, chaque fois qu'ils exigeaient quelque chose, avaient toujours aux lèvres cette expression : « Malheur, la guerre !!! », jetée d'un ton brutal et méprisant à la face des malheureux envahis, et les ramenant tout à coup 2000 ans en arrière, à l'époque où le brave gaulois lançait aux Romains le fameux : « Malheur aux vaincus ! ».

Plus tard, lorsque les affaires allemandes changèrent de face, ce « Malheur, la guerre ! » était prononcé d'une manière doucereuse et hypocrite, à la façon d'une plate excuse simulant de la pitié pour nous.


e).- Pouvez-vous citer quelques ordres ou prescriptions émanant de l’autorité ennemie où se manifestait plus spécialement son système de « guerre aux civils »?

Rien ne peut le mieux faire ressortir le système de « guerre aux civils » que les prescriptions ordonnant, comme disent les envahis, de « ramasser les civils ». Rien ne peut donner une idée de la terreur jetée dans la population que ces trois mots, fusant de tous côtés comme une traînée de poudre et affolant surtout les malheureuses femmes craignant pour leurs maris et pour leurs fils. Ah ! Comme tous les hommes valides, à ce moment-là, auraient voulu être sur le front pour pouvoir au moins mourir pour leur pays au lieu d'être exposés, chacun le pressentait, à servir contre lui et comme alors on maudissait ceux qui, par imprévoyance, n'avaient pas donné l'ordre de faire partir la population masculine valide avant l'arrivée des ennemis.

Les premiers prisonniers civils furent cueillis le 23 septembre 1914, au nombre de 17 et envoyés en Allemagne ; on en prit 12 autres en janvier 1915 ; ceux-ci furent envoyés à Crèvecœur-sur-l ‘Escaut. En mars ou avril 1915, une douzaine furent envoyés à Fonsomme. Il y eut alors comme relâche pendant quelque temps, puis, tout à coup, en octobre 1916, on en envoie 12 à Saint-Quentin ; le 20 décembre 1916, 30 sont dirigés sur Omissy, d'autres sur le Câteau. Enfin, le 18 avril 1917, à Seboncourt, pendant l'évacuation, on en prend d'un seul coup 75 de 14 à 61 ans et on les envoie travailler à des voies de chemin de fer à Grand Verly où, le 3 septembre suivant, un bombardement d'avion en tue 12 et en blesse 22 d'un seul coup.

Enfin, les appels continuels des hommes, jeunes gens ou jeunes filles, la réquisition totale des récoltes, du lait, des œufs, des pommes de terre dans les pays occupés, le rationnement à 125 g de pain et à 380 g de pommes de terre par jour, joints au travail obligatoire imposé à tous, avaient visiblement pour but de faire souffrir moralement et physiquement et d'anémier la population civile, surtout les jeunes gens et les enfants, l'espoir de la France, afin d'amener la disparition de la race française dans un délai plus ou moins long.

A chaque instant les civils se lamentaient: «Ce n'est pas ça la guerre !» disaient-ils. Non, malheureusement, mais « C'est la guerre !!!... » répondaient les Allemands, surtout les Prussiens, et sur quel ton !!... Hélas, nous sentions trop que c'était...la guerre allemande ! ».


f).- Si possible, prière de joindre quelque spécimens d’affiches apposées par les soins ou sur l’ordre de l’ennemi, ou quelque document authentique digne d’intérêt, (ces documents seront exposés et renvoyés par la suite à leurs possesseurs, s’ils les réclament).

Ces affiches étaient des plus nombreuses. J'en avais conservées un certain nombre dans les archives municipales où elles sont restées lors de l'évacuation. On ne les a plus retrouvées.

Elles avaient toutes un point de commun: menaces de mort, de travaux forcés, de prison, d'amendes, quelque fois jusqu'à 30 000 marks, y reviennent à chaque paragraphe. Celles qui étaient sur papier blanc reproduisaient les fameux discours du Chancelier au Reichstag, comme si ils pouvaient intéresser des Français !! à part celui où le Chancelier disait que les Allemands n'avaient plus de pitié.

La plus typique des affiches était celle qui recommandait de porter à la commandature, sans les lire, sous peine d'un long emprisonnement, les publications journaux, etc. tel « la Voix du pays », qui nous tombaient du ciel, trop rarement, à notre gré.

Cet ordre était exécuté à la lettre, mais dans un sens tout à fait contraire. La Commandature n'en voyait jamais rien, et tout le monde les lisait, manière française d'obéir aux Allemands!


II.- Des rapports de l’Autorité ennemie avec la population scolaire


a).- Les établissements d’instruction (écoles, etc.) ont-ils été ouverts pendant toute la durée de l’occupation? Ou momentanément fermés, ou ont-ils été fermés pendant toute la guerre ?

L'école des garçons est restée ouverte du 1er lundi de novembre 1914 au 7 février 1917.

En octobre 1914, après la victoire de la Marne, on espérait la délivrance toute proche et l'on attendait nos soldats avec impatience : chacun se demandait ce qu'il allait faire. En novembre, tout cet espoir étant perdu et le front se stabilisant, les classes furent ouvertes.

En 1915 et 1916, elles furent fermées une quinzaine de jours, sous prétexte d'échardonnage. Elles furent définitivement fermées le 7 février 1917 pour y faire loger des soldats.


b).- Quelles ont été les prescriptions particulières édictées par les Allemands à l’égard des établissements d’instruction? (Prière de joindre, si possible, des documents à l’appui)

Il avait été défendu de faire des leçons sur la situation politique. Il faut entendre par là tout ce qui concernait la Patrie, le patriotisme ou les faits de guerre.

Un de ces ordres, resté dans les archives de l'école, y fut détruit avec le reste par les soldats qui y avaient établi leur logement (preuve de civilisation!)

L'obéissance à cet ordre fut encore une des « 99 manières françaises d'obéir aux Allemands », dont la publication paraîtra peut-être un jour.


c).- Le commandant de place s’est-il immiscé dans les services d’enseignement?

Le commandant Momm visitait les classes quand il venait dans la commune ; il tenait à ce que tous les enfants fréquentassent l'école ; son adjudant, le capitaine Drobig, y venait encore plus souvent, surtout au début, mais ils ne se sont pas immiscés dans l'enseignement proprement dit, qui, en somme, fut donné absolument comme en temps de paix.


d).- des officiers délégués ou inspecteurs allemands ont-ils émis la prétention de contrôler l’enseignement ? Ont-ils pénétré dans l’école ? Ont-ils interrogé les élèves? Pouvez-vous citer, à cette occasion, des réponses d’élèves méritant d’être mentionnées ?

Des officiers de passage entraient souvent dans la petite classe, croyant entrer dans la mairie. Ils écoutaient parfois des leçons ou fragments de leçons ; ils n'ont jamais émis aucune prétention, ni interrogé les élèves. Ils furent toujours corrects.


e).- Les élèves des établissements (écoles, etc.) ont-ils été contraints à quelques travaux manuels?

Quelle a été l’attitude des élèves dans ces circonstances? Particularité, réponses, réflexions dignes de remarque.

Comme je l'ai dit ci-dessus (paragraphe a), les classes furent fermées deux fois pendant quinze jours par ordre de la commandature, sous prétexte de permettre aux enfants d'aller débarrasser les récoltes des sénés et des chardons. Beaucoup d'enfants restèrent chez eux ; quelques-uns seulement y allèrent individuellement, sous la pleine responsabilité de leurs parents. Ils étaient payés par la Commune et surveillés par des conseillers municipaux. Les autres ne furent jamais inquiétés.


f).- Quelle a été, en général, l’attitude des soldats à l’égard des enfants? L’attitude des enfants à l’égard des troupes?

Autant que j'ai pu m'en rendre compte, l'attitude des soldats à l'égard des enfants, surtout quand ces soldats n'étaient pas des Prussiens, et les autres se défendaient énergiquement lorsqu'on les appelait ainsi, fut en général bienveillante.

A l'époque où les vivres étaient encore suffisants pour l'armée et où les civils «étaient déjà rationnés, beaucoup de soldats donnaient du pain, de la viande, des pommes de terre, voire des friandises et des bonbons aux enfants qui s'approchaient d'eux ; mais ils s'en gardaient bien en présence des officiers.

Malheureusement, presque tous donnaient aux enfants, même tout petits, du tabac, des cigarettes, des cigares; ils apprirent ainsi aux enfants à fumer trop tôt et nous nous demandons si cet abus de tabac chez de tout jeunes enfants n'est pas une cause indirecte de la difficulté rencontrée aujourd'hui dans les classes à retenir l'attention des élèves et à les faire tenir tranquilles, même quelques instants.

L'attitude des enfants à l'égard des troupes, toute de crainte et de répulsion au début, fait bientôt place à la curiosité et à l'amour du nouveau, inné chez eux ; ils cherchaient alors attentivement à épier tout ce que faisaient et disaient les soldats, les appelant « Sales Boches ! » à l'occasion ; seuls, les plus gourmands ou les plus familiers, acceptaient ce que leur donnaient les soldats. Quelques leçons de prudence leur furent données en classe, pour les tenir en garde d'une trop grande familiarité ou d'un usage trop fréquent du tabac, mais les parents, n'aimant pas à surveiller constamment leurs enfants, laissaient faire.


g).- Le séjour des troupes allemandes a-t-il influé en quelque mesure sur le parler local? Quelques mots allemands, plus ou moins déformés, y ont-ils pénétré, et paraissent-ils devoir persister?

(Donner une liste de ces mots, et leur sens.)

Beaucoup de personnes avaient fini par prendre l'habitude de prononcer des mots allemands en plus ou moins grand nombre. Mais, chose curieuse, cette habitude a disparu comme par enchantement, même chez les personnes qui, n'ayant pu être rapatriées, sont toujours restées en pays occupé. Dans les conversations, je n'en entends jamais plus prononcer, sauf par réminiscence, lorsque l'on reprend la manière boche, comme pour la ridiculiser.


III.- Travaux d'élèves


Mesdames et Messieurs les chefs d’Établissements, instituteurs, institutrices, sont instamment priés de vouloir bien proposer à leurs élèves (des premières classes) un sujet de composition française dont le texte pourrait être à peu près conçu en ces termes :


Souvenirs de l'invasion :

Dîtes avec simplicité et sincérité ce que vous vous rappelez de la guerre, et faites le récit de l'épisode le plus dramatique dont vous avez été, soit l'acteur, soit le témoin.

Les copies de composition seront envoyées à M. l'Inspecteur primaire avec les réponses au questionnaire avant le 1er juin.

Les copies les meilleures seront publiées, par la suite, et récompensées, s'il y a lieu.


Ci-inclus, dix devoirs composés par les élèves du Cours Moyen. Chaque enfant y rappelle simplement ses souvenirs et raconte avec sincérité le ou les épisodes qui l'ont le plus frappé et dont je garantis l'authenticité pour les six élèves domiciliés dans la commune pendant la guerre.

Chose digne de remarque, chaque enfant laisse parler son cœur, à sa manière, mais aucun n'exprime, à l'égard de l'envahisseur, la moindre pensée de haine ou de vengeance.

Que les Allemands ne viennent donc pas dire, comme ils l'ont dit si souvent pendant la guerre, que nous enseignons la haine et la vengeance dans nos classes, puisque, après quatre années d'invasion et d'atrocités de toutes sortes, ils n'ont pas réussi à l'inculquer dans l'âme de nos enfants !

La haine n'est pas un sentiment français. Telle doit être notre conclusion.



Homblières, le 31 mai 1920

L'instituteur,

Jules Eugène RONDEAUX


Source : BDIC La Guerre dans le ressort de l’Académie de Lille. 1914-1920

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