ORIGNY STE BENOITE
Extrait du bulletin de la société académique de Chauny tomeVIII- 1911
1889 : Assassinat de Madame Caplain-Larive par Jean-Jacques Cazier
De mémoire d’homme,il n’y a pas eu de crime à Origny. Dans la nuit du lundi au mardi 5 mars, Mme veuve Caplain-Larive, cultivatrice, âgée de 56 ans, fut assassinée dans son domicile, au n°41 de la rue du Thil.
L’enquête judiciaire amena l’arrestation d’Ernest Légère, domestique chez la victime, de sa femme et de son fils Emile. Leurs aveux permirent de reconstituer la scène du crime. Sachant par son mari que Mme Caplain avait dû toucher, peu de temps auparavant, une somme assez importante, la femme Légère réveillait son fils, le 4 mars vers 11 heures du soir, lui faisait boire de l’eau-de-vie et l’emmenait rue du Thil. Ce n’est que dans la cour de la ferme qu’elle lui fit connaître ses projets: « il faut tuer Mme Caplain et lui voler son argent ».Elle était armée d’un bâton qu’elle dissimulait sous son tablier. Ils pénétrèrent tous deux dans la chambre à coucher de la victime, qui ne se réveilla pas. La femme Légère lui asséna un coup de bâton sur la tête et lui tint ensuite les bras d’une main, pendant que de l’autre elle comprimait la bouche et le nez et que son fils Emile l’étranglait en lui serrant le cou. Le crime commis, la meurtrière prit dans une jupe disposée sur le lit la clef du buffet et s’empara d’un sac qui renfermait des pièces de 2 fr. et trois pièces de 5 fr. La somme qu’elle convoitait avait été déposée chez le notaire. Ce fut ce sac de toile, découvert,le 7 avril, derrière une planche du pignon de la maison voisine des Légère et renfermant encore 39 pièces de 2 fr, qui perdit les criminels. La Cour d’Assises, dans son audience du 9 août, condamna la femme Légère à la peine de mort et son fils à 20 ans de travaux forcés.