LES COMBATS DE CRAONNE AVRIL - AOUT 1917

 

Lors de l’offensive du 16 avril 1917, sous le commandement de la 5ème armée, le 1er C.A. du général Muteau fut chargé d’enlever la région de Craonne et ses plateaux. Ce corps comprenait les 1ère, 2ème, 162ème D.I. en première ligne et la 51ème D.I. en réserve.

 

A 6 h, heure H, les vagues d’assaut sortirent des tranchées. Le 8e R I ne put progresser car ses compagnies furent fauchées par le tir ennemi. Le 208e R I fut aussi bloqué. En face des ruines du village de Craonne, ce fut le 1er R I de Cambrai qui s’élança, mais fauchés par le feu des mitrailleuses, ses fantassins échouèrent dans leurs tentatives contre le saillant Jutland.

 

Les 5e et 6e bataillons du 201e R I  attaquèrent au nord de Craonnelle. Ils atteignirent le Ravin-Sans-Nom dominé par une falaise abrupte où se nichait la redoutableposition du Balcon. Les mitrailleuses allemandes enrayèrent toute progression. Décimées, les vagues se dispersèrent au pied de la falaise.

Vers 16h, des attaques des 43e et 273e R I  échouèrent à leur tour devant cette position. Les fantassins du 4e bataillon du 201e R I avec le capitaine Battet parvinrent en luttant péniblement à déborder la courtine du Balcon par l’ouest et à l’enlever à la grenade, vers 18h.

 

Lorsque vint la nuit, des bourrasques de neige recouvrirent le champ de bataille. Il fallut évacuer les blessés avec les plus grandes peines, sous le fusillade. Au 201e R I, 20 brancardiers sur 42 avaient été mis hors de combat.

 

Le 17 avril , l’attaque reprit vers 13h. Le 201e R I s’empara de la tranchée des Sapinières en faisant des prisonniers, mais de violentes contre-attaques allemandes le rejetèrent vers le Balcon. Dans la nuit, le 33e R I releva le 201e. Le 19 avril, le 33e aborda les ruines de Craonne, puis avança vers la grande tranchée, mais fut rejeté en perdant 450 hommes.

 

Début  mai, la 10e armée du général Duchêne entra dans la bataille. Sa 36e division monta en ligne face à Craonne. Le 5 mai, Basques et Béarnais des 18e et 34e R I enlevèrent  Craonne puis grimpèrent vers 9h les pentes des plateaux où ils s’installèrent et repoussèrent les contre-attaques. Le 6, après de furieux bombardement, la garde impériale contra-attaqua les 35ème et 36ème D I . La lutte dégénéra au corps à corps sur le plateau des Casemates que prirent les 57e et 144e R I de Bordeaux. 

 

Sur ces plateaux, la lutte devint incessante et le terrain aussi ravagé et épouvantable que les pires secteurs de Verdun.

 

Le 3 juin, après des heures de pillonnage,, deux divisions allemandes s’élancèrent, se heurtant aux chasseurs à pied et alpins qui les repoussèrent.

 

Le 18 juillet, dès l’aube, la 18ème D I fut violemment attaquée par la 5ème division de la garde impériale qui lui arracha une partie des plateaux de Californie et des Casemates. Le 22, les attaques allemandes reprirent et le 213e R I perdit du terrain.

 

Le 24, une contre-offensive française se déclencha menée par les  18e et 164e divisions. Elle démarra à 4h15 du matin. La plus grande partie des plateaux fut repris par les 213e, 152e ,90e et 334e R I et le 41e B C P.

 

Le 26 juillet, le 1er corps colonial releva ces unités épuisées.

Tout l’été, les combats firent rage dans une chaleur torride, sous les obus, parmi les cadavres et le matériel déchiqueté.

Les fantassins des deux camps supportèrent les plus extrèmes souffrances.

 

 

 

Source : Panneau d’information de la Nécropole Nationale de Craonnelle (Chemin des Dames).

Transcrit le 20/04/2007 par Guy Destré  Adhérent N° 315.