Histoire de l’éclairage
(suite)
par Jean Gape d’après M. Cury
Bientôt pourtant l’essence fut
plus connue et chaque ménage pos-
sédait sa lampe en forme
d’oignon qui se plaçait sur un chandelier.
Mais elle ne devint vraiment pra-
tique qu’avec
Plus tard le pétrole
donna satisfaction aux usagers de la campagne qui ne pouvaient espérer voir
chez eux le gaz de houille arri-vant par canalisations souterraines. A la
veille de la première guerre mondiale les lampes à pétrole avec les becs
perfectionnés fournissaient une lumière parfaitement acceptable, mais le
pétrole était cher pour les petites bourses (7 sous le litre en 1905), aussi
les pauvres vieux qui n’y voyaient plus guerre se contentaient-ils de leur
lampe à essence ou même de la lueur du foyer.
Vers 1900, les conditions
économiques forcèrent beaucoup de petits meuniers à cesser leurs activités.
Quelques-uns qui disposaient d’une chute d’eau importante pensèrent à
l’utiliser pour produire l’électricité. On en était alors aux lampes
Edison à filaments de charbon de bambou.
Lorsqu’on passait près des
usines on était émerveillé par les puissantes lampes à arc. C’était
l’époque où, par les sombres nuits d’hiver, des halos lumineux indiquaient,
avec la précision d’une table d’orientation, la direction des premiers
bourgades électrifiées, parfois lointaines. Ce n’est qu’entre les deux guerres
que de puis les bougies à la paraffine en boites plates, métalliques, comme
celles utilisées pour le cirage.
Ces modestes
« lumichons » étaient infiniment plus pratiques pour le soldat en
compagne que les bougies, dites des salons, employées par l’armes française et
dont l’équilibre instable faisait toujours craindre l’ incendie du
cantonnement.
Une nuit de 1915, mon père
fut réveillé par un grand vacarme, il vit sa grange tout illuminée à
l’intérieur. Il s’y précipita pensant à un incendie. D’innombrables bougies
plates brûlaient sur toutes les pièces de la charpente, sur toutes les saillies
des murs et ses hôtes involontaires buvaient, chantaient et dansaient. Ils
célébraient la prise de Przemysl.
L’invasion de 1940 nous
privant du courant électrique auquel nous étions déjà habitués, chacun
s’ingénia pour sortir d’une obscurité pénible à supporter. L’un exhiba une
antique ‘lampe à copron » dans laquelle il brûlait toutes les matières de
mauvaise qualité qu’il pouvait se procurer. C’était nauséabond et fumeur et
cela méritait bien le nom de lampe noire qu’avait jadis le pasteur Berzart dans
l’histoire de la Communauté protestante de Parfondeval. Un autre avait
découvert dans les « vernes » d’un grenier un moule à chandelles plus
que centenaire, il y coulait tous les débris des paraffines allemandes de 1914
qu’il avait ramassés après l’invasion et il en tirait des bougies acceptables,
mais qu’il fallait moucher.