« EFFRY - Cérémonie du Souvenir de l’Ossuaire »
En 1917, sept cents personnes sont décédées sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.
Au coeur de la Thiérache, des croix sont alignées.
A Effry, reposent les corps des prisonniers et des déportés du terrible Lazaret, l’hôpital des bataillons de travailleurs civils de la 7è armée impériale placé sous la domination du médecin-chel Michelsohn. Le calvaire de ces hommes sera terrible.
De mars à octobre 1917, en huit mois, 347 prisonniers français et alliés sont inhumés à Effry. Au total, 681 Français, Belges, Russes et Roumains reposent dans ce carré.
Dans un cahier d’écolier, à la plume, l’officier d’état-civil de l’époque consigne chaque jour, chacun des décès. Trace éphèmère d’une tragédie qui se répetera, quelques années plus tard, en d’autres lieux, dans d’autres camps. Il n’était donc pas vrai que l’on ne savait pas. A Effry, la mémoire et le souvenir demeurent 89 ans plus tard.
C’est cela que le comité de la mémoire de l’ossuaire et les personnalités invitées par le président Pierre Delabre ont voulu commémorer.
Ce dernier a tout d’abord rétracé les événements dramatiques qui se sont déroulés en 1917 dans ce petit village de Thiérache où près de 700 personnes meurent en quelques mois, sans même qu’un seul coup de feu ne soit tiré.
Jean-Jacques Thomas est, quand à lui, revenu sur l’importance de telles commémorations : « Les sociétés humaines pas plus que les individus peuvent vivre sans mémoire. Ce qui s’est passé à Effry, pendant la Première Guerre mondiale, ce n’est pas seulement de l’histoire ancienne ! Ces corps de l’ossuaire d’Effry , ces pauvres corps épuisés, affamés, martyrisés, qui reposent ici, dans la terre de Thiérache, sont désormais confiés à notre garde. De même que nous entretenons les tombes de cet ossuaire, nous devons entretenir le souvenir de ce qui s’est passé ici ».
Paul Girod, sénateur, Jean-Pierre Balligand, député et Madame la Sous-préfète de Vervins se sont ensuite exprimés, mettant en exergue l’importance du devoir de mémoire vis à vis de ceux qui nous ont précèdés.
A noter que vingt cinq porte-drapeaux du secteur participaient à cette cérémonie. Ils étaient placés sous la direction de Serge Keiser
A noter enfin que les sonneries étaient interprétées par les musiciens de la batterie-fanfare d’Hirson.
(Source : Article paru dans « Le Courrier - La Gazette N° 1928 » , du Jeudi 18 Mai 2006)
( 1 ter rue de Vervins 02500 Hirson)
Le 23 mai 2006 par Guy Destré Adhérent N°315