Enigme

 

Souvenez-vous ! En septembre dernier, Norbert Quint faisait appel à nous pour solutionner cette énigme généalogique trouvée dans les registres de Buironfosse :

 

BUIRONFOSSE

Voici le texte d'un acte:

Le vingt troizieme jour du mois de febvrier est né Margueritte lesquel la
mère déclare pour pere en presence de Maurice Grenez et François Dury
Jacques Mennechair de la paroisse de l'andiffay et catherine Turquin la mere
de lenfant et son pere Louis Turquin sa mere Magdeleine Lejeune de la
paroisse de l'andiffay baptizé par moy curede buronfosse estant resident aux
lieux. Son parani François Dury Sa marinie Nicolle Lacheret lesquel on synè
ce pnt acte les jour et ans que dessus.

 

Qui est le père ? Qui est la mère ? Qui sont le couple Turquin - Lejeune ?

 

Depuis l’énigme a été résolue mais voici une interprétation qui avait été négligée à l’époque, peut être à tort.

 

Le couple Turquin-Lejeune : une engeance bien peu fréquentable : la Magdeleine se vautrait dans tous les ruisseaux. Quant au Louis, il noyait ses illusions au tord boyau et rentrait le soir fin ébrieux, battant tout ceux qu’il croisait. La petite Catherine, ses frères et ses sœurs, vivaient dans la crainte, mais suivaient les mauvais exemples des parents. Catherine grandissait et devint fort aguicheuse. Bientôt se posa le problème de son avenir. Le curé – qui connaissait bien la famille comme on le verra dans quelques lignes – proposa de la prendre à son service. C’était bien l’affaire des parents : une bouche de moins à nourrir ! Le curé était fort aise : malgré son âge avancé, il se remémorait souvent la petite Magdeleine qu’il avait baptisé et qu’il avait ensuite observé de près à l’abri des regards dans son confessionnal. Faut dire que la Magdeleine avait tant à se faire pardonner ! Catherine avait hérité de sa mère bien des atouts de séduction dont notre curé était ravi de profiter à demeure. Catherine devint donc bonne du curé… et ce qui devait arriver arriva… le 23 février, elle accoucha d’une fille… D’émotion, le vieux curé en éclusa tout son vin de messe. Ensuite, il rédigea un acte de baptême totalement confus, bourré (il l’était lui-même) de fautes de syntaxe et d’orthographe. Cependant, il lui restait une once de lucidité : les générations futures ne devaient pas comprendre qui était le véritable géniteur, et il força la dose. Mais comment trouver des témoins qui accepteraient de signer un document aussi abscond ? Il eut une autre idée qui selon lui achèverait de brouiller les pistes (c’était bien sûr sans compter sur la perspicacité de Généalogie-Aisne). Bien sûr, les deux grands-parents, la Magdeleine et le Louis n’éprouvèrent aucune mauvaise conscience à apposer leur patronyme. Et le curé fut fort heureux de voir le Louis accompagné de François Dury et Jacques Mennechair, ses deux potes piliers de bistrot, de Maurice Grenez, propriétaire du débit de boisson et de Nicole Lacheret employée dans ce lieu de perdition et dont la tâche consistait à remplir les verres de la population mâle fréquentant le tripot, tâche à laquelle elle s’était largement attelée avant la fameuse signature. Si bien que les compères cités ci-dessus étaient dans l’incapacité de déchiffrer le moindre mot et apposèrent leur nom sans vergogne. Et c’est ainsi que les générations futures se penchèrent sur le cas étrange de la petite Marguerritte qui avait un « r » de trop et un air de pas tout comprendre selon les mauvaises langues du village.