Lorsqu’éclate la guerre en 1914, la France depusi peu a instauré le service militaire universel, juste et égalitaire.
Les lois de 1889 et de 1905 ont mis fin au système du tirage au sort et du remplacement. Le pays dispose d’une Armée Nationale, qui incorpore dans ses rangs toutes les catégories de la population, de l’intituteur au paysan, du prêtre à l’ouvrier.
Une Mobilisation Massive
Le
décret de mobilisation du 1er août 1914 appelle la totalité des
classes de réserve de l’armée d’active ainsi que l’armée territoriale et sa
réserve. Pour atteindre un effectif maximal de 5 millions de combattants en
juillet 1917, il a fallu incorporer toutes les jeunes classes par anticipation,
rappeler une partie des exemptés ou réformés, et multiplier les engagés
volontaires. Au total, 7 800 000 français ont été incorporés, soit 80% des
hommes nés entre 1886 et 1919.
Les Affectés Spéciaux
A
la fin de 1914, pour remettre la machine économique en marche, les producteurs
indispensables sont rappelés sur le front.
La loi Dalbiez met en place un système des « affectés
spéciaux » : une partie des ouvriers qualifiés, ouvriers, cadres et
entrepreneurs sont renvoyés dans leurs usines tandis que les cheminots,
postiers, policiers et fonctionnaires assurent la « continuité du
service ». Cependant les cultivateurs ne sont jamais concernés par ces dispositions
et en éprouve un certain malaise.
Les
affectés spéciaux sont accusés d’être des embusqués :
« Seuls
les paysans font la guerre, tandis que les ouvriers touchent de hauts salaires
dans les usines ».
Le paysan Soldat
Après
la guerre, la lourde contribution des paysans est reconnue et exaltée. Les
discours insistent sur les origines provinciales et terriennes des poilus :
« Le paysan s’est battu dans le rang avec le sentiment profondément ancré
qu’il défendait sa terre. Les plus terribles épreuves n’ont pas entamé sa foi. Aux
heures les plus sombres, c’est le regard paisible et décidé du paysan français
qui a soutenu ma confiance ». (Pétain)
Source :
Panneau Explicatif, près du monument des Basques, sur la commune de Craonnelle
(Chemin des Dames)
Transcrit
le 18 mars 2006 par Guy Destré Adhérent
N°315.