Document établi par le
Docteur Jean BOUDERLIQUE
Février 2004
« E’S
TAS D’FIEN »
Au milieu de la cour de ferme trônait,
il y a bien longtemps, le tas de fumier où s’accumulaient les défécations des
chevaux et des vaches de l’exploitation. On le laissait un certain temps pour
qu’il se décompose petit à petit afin de donner un compost riche en matières
azotées.
Venait ensuite le temps de le
transporter dans le champ à fumer. Le tombereau (e’s bereu) bien rempli, arrivé
au champ désigné, était reparti par petits tas pour être ensuite étalé au
fourcher. « E’s feumier, c’étoit e’s mieux et s’moins ker ». Cette
opération avait lieu à la fin septembre, avant d’être enfoui au moment du
labour qui suivait l’épandage. Le labourage s’effectuait avant l’hiver.
A présent, il n’y a pratiquement plus
de fumier naturel. Les engrais chimiques les remplacent complètement alors
qu’au moment de l’emploi du fumier, certains engrais étaient employés comme
additifs, tels que le nitrate de soude du Chili, la potasse d’Alsace, le
phosphate de chaux, etc….