Henri MARTIN (Bon-Louis-Henri)

Historien Français

  • Né le 20 février 1810 à St Quentin en Picardie.
  • Elevé par son père Juge au Tribunal Civil de St Quentin, il suit comme externe les cours du Collège de St Quentin et se destine au notariat.
  • En 1830, il se jette dans la carrière des lettres, ayant baigné très jeune dans cette atmosphère au milieu de la bibliothèque laissée par son aïeul maternel, grand amateur de livres, l’amenant tout naturellement aux études historiques par goût de la lecture.
  • Il débute par des romans : Wolflthurn (1830, in-12) publié avec son ami et compatriote Félix Davin, sous les pseudonymes de Félix et Irner.
  • Puis il écrit une suite de romans historiques, sur l’époque de la Fronde : la Vieille fronde (1832, in-8) – Minuit et midi (1832, in-8) – réimprimé dans la Bibliothèque des chemins de fer, sous le titre de Tanecède de Rohan (1855, in-18) – le Libelliste (1833, 2 vol. in-8) –
  • Rencontre avec M. Paul Lacroix (le bibliophile Jacob) qui l’amène à aborder plus directement l’histoire. Ils élaborent ensemble une Histoire de France par les principaux historiens – éditeur : M. Mame (Tours, 1833 et suiv)- abandonné par ses collaborateurs dans ce projet (série d’extraits des principales histoires et chroniques, reliés par des transitions et des compléments) il continue seul et tente d’y substituer une œuvre personnelle.
  • Avec le concours du bibliophile Jacob (détenteur d’une précieuse bibliothèque) il élabore la première édition de son « Histoire de France » qui devient alors l’œuvre capitale de toute sa vie (Paris 1833-36, 15 vol, in-8).
  • Ils publient ensemble l’Histoire de la Ville de Soissons (1837, 2 vol –in).
  • Durant 17 ans il s’attèle à la refonte et à la réimpression de sa première édition de l’Histoire de France – (1837-1854, 19 vol. in-8) – objet de flatteuses distinctions.
  • Les tomes X et XI (Guerres de religion) ont obtenu, en 1844, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, le premier prix Gobert, et en 1851, l’Académie française a décerné aux tomes XIV- XVI (Siècle de Louis XIV) le second prix, prix accordé encore les années suivantes (1852-1855) jusqu’en 1856 (date de la mort d’Augustin Thierry, détenteur du premier prix) permettant ainsi de récompenser l’œuvre de Henri MARTIN par un premier prix –
  • Préparation par H. Martin d’une quatrième édition, portant sur les découvertes récentes sur les antiquités celtiques et des connaissances plus approfondies acquises sur le moyen-âge. Remaniement des parties relatives à l’histoire de la religion des Gaulois, aux origines de la poésie et de la langue, aux évènements du moyen-âge et aux institutions féodales, qui forment désormais un ouvrage nouveau (1855 et suiv) – l’ouvrage complet aura 16 volumes.
  • Alliant avec justesse un besoin d’exactitude dans les faits et un sentiment philosophique très élevé, l’Histoire de France de H.Martin demeure une des œuvres les plus consciencieuses et les plus honorables du siècle.
  • Dans « De la France, de son génie et de ses destinées » (1847, in-12), H. Martin résume les idées philosophiques qui ressortent à ses yeux de toute l’histoire de notre pays.
  • En 1848,  M. Carnot, ministre provisoire de l’instruction publique, a chargé H. MARTIN  du cour d’histoire moderne, à la Sorbonne. Son sujet : « La politique extérieure de la Révolution » et ses leçons ne dépasseront pas le premier semestre, rattrapés par les événements.
  • Il publiera encore un certain nombre d’articles et de nouvelles historiques dans divers journaux et recueils, appartenant en général à l’opinion libérale : l’Artiste, le Siècle, le Monde, le National, la Revue indépendante, la Liberté de penser, la Revue de Paris, l’encyclopédie nouvelle, etc…

Statue d’Henri Martin devant le lycée (fondue en 1917)

Le lycée Henri Martin à Saint-Quentin


Fiche : Evelyne Dameron d’après le Dictionnaire universel des contemporains, G. Vapereau , 1858

Portrait : Archives municipales de Saint-Quentin, fond iconographique ; Cartes postales : Nathalie Debreux