MONTESCOURT-LIZEROLLES
ET JUSSY.
Bénédiction
des cloches et inauguration d’un monument.
Le
dimanche 25 septembre (1921) fut une journée de fêtes sans précédent à Montescourt et Jussy qui sont en passe de devenir deux cités
ouvrières de la plus grande importance, se développant sans relâche autour des
usines de M. Louis Sébline. Les baraques-chapelles
des deux paroisses paraissent bien humbles et bien timides, malgré le zèle
décoratif de leurs curés, en regard des constructions industrielles
gigantesques et des coquettes et confortables maisons ouvrières. Mais, enfin
ces chapelles ont des clochers et voici que, du clocher de Montescourt,
trois cloches vont répondre à la cloche de Jussy. C’est
la voix de la religion qui se mêlera à la voix du travail fiévreux de l’usine.
Par la volonté de M. Louis Sébline ces cloches ont
été inaugurées au matin de la grande fête civile qui commémorait les morts
civils et militaires de Montescourtet de Jussy et, à leur tête, le grand citoyen que fut M. Charles Sébline. Monseigneur l’Evêque bénit les cloches, le
monument et le drapeau des Anciens Combattants. Pour cette série de cérémonies
religieuses le foule fut déjà très imposante. Autour de Monseigneur l’Evêque, M.
le vicaire général Parmentier, M. l’Archiprêtre de Saint-Quentin, M. le Doyen
de Flavy, MM. Les Curés de Montescourt
et de Jussy, M. le chanoine Lecocq, M. L’abbé
Moulin. Autour de M. Louis Sébline, assisté de tout son Conseil municipal, MM. Les députés
Rillart de Verneuil et Desjardins, M. le baron de Trégaine et d’autres conseillers généraux, M. André d’Arcosse directeur de l’Argus soissonnais. Après la partie
religieuse, la fête civile se développa grandiose, féerique, sous un soleil de
plein été. M. Doumer, ministre des Finances, M. le Préfet, M. le Sous-Préfet de Saint-Quentin, sénateurs, députés,
conseillers généraux se montrèrent, vis-à-vis de Monseigneur l’Evêque et du
clergé, d’une courtoisie parfaite.
Marcel BRUNEHANT (1887-1915) était le fils d’un
agriculteur et distallateur de Pommiers (Aisne),
Premier président de la Chambre d’Agriculture de l’Aisne et membre de l’Académie
d’Agriculture.
Il devait être agriculteur à Montescourt avec son beau-frère Louis Sébline.
Il fut mobilisé en juillet 1914 au 37è Régiment
d’Infanterie de Soissons où il était Lieutenant de réserve. Son régiment
participa à la bataille des Eparges,sur les côtes de la Meuse, prémisse de la
bataille de Verdun.
Il y fut tué le 6 avril 1915 et on ne
retrouva jamais son corps.
Il fut fait cehvalier
de la Légion d’Honneur et reçut la Croix de Guerre à titre posthume.
Une rue porte désormais son nom ainsi qu’une
plaque au calvaire du cimetière, rénovée en 1992.
Au début des années 1990, la Commune de Montescourt-Lizerolles a érigé une Stèle commémorant le Cessez-le-Feu d’Algérie le 19 mars 1962.
Ce monument se trouve face au Square
François Mitterrand, rue Charles Sébline à Montescourt-Lizerolles.
Il a
été réalisé par les Marberies Générales en pierre
artificielle.
Posé sur un piédestal, il est en forme de
pyramide.
Un
personnage ailé couronnait l’ensemble et un soldat portant le drapeau a été
placé à mi-hauteur. Le drapeau a disparu au fil du temps.
Il a été inauguré le 14 septembre 1924.
Monument
élevé sur le Rond-Point de la Victoire à la mémoire
de Monsieur Charles Sébline et des morts au Champ d’honneur.
Monument
pyramidal surmonté d’un Coq.
Extrait
du Discours prononcé par Monsieur Louis Sébline en l’Honneur
de l’Erection du MONUMENT ELEVE à la Mémoire de Monsieur Charles SEBLINE « sénateur »
et aux MORTS GLORIEUX de Montescourt et Jussy.
Nous sommes réunis tous, Messieurs, dans ce coin de France pour accomplir un pieux devoir envers les Glorieux Morts dont l’héroïsme nous a sauvés, et aussi pour fêter l’éternel jaillissement de l’énergie française qui, dans les plus dures épreuves, ne s’est jamais démentie et qui, telle un phénix, renaît de ses propres cendres.
En choisissant pour l’érection du Monument,
la limite de ces deux vaillantes communes de MONTESCOURT et de JUSSY qui
communièrent dans la peine, nous avons voulu indiquer qu’à travers le
fraternité de leurs efforts nous célébrons le communauté des efforts de toutes
les bourgades de France, c’est la fête du souvenir que voilent tant de deuils
et aussi la fête de la renaissance qu’illumine l’espérance à laquelle nos Morts
même s’accocient, eux qui par leur sacrifice ont fait
le plus dur de la tâche.
Un drame affreux s’est joué ici, drame qui
a mis aux prises la population laborieuse de ce pays et l’ennemi féroce et
déloyal qui détruit le fruit des efforts séculaires de notre patrie.
(.
. . .)
Regardez autour de vous. Voici le second
tableau du drame : LE TRIOMPHE FRANCAIS – Les chapms
défrichés, labourés, ensemencés et les récoltes réapparaissent ; des
Usines nouvelles ont repris leur travail ; les Maisons se reconstruisent,
et dans huit jours, il n’y aura que trois ans seulement que nos armées
triomphantes passèrent sur cette route.
A qui est due cette merveilleuse renaissance ?
A vous tous qui par un labeur quotidien,
rude, ingrat, mais combien beau et noble avez donné un admirable exemple de tenacité.
(.
. . .)
Regardez s’attachèrent à l’oeuvre
réparatrice avec une même ardeur, et si l’année 1921 voit dans ce pays la
réalisation du plan industriel conçu, cette oeuvre ou son résultat sera dû à la
communauté des efforts de tous pendant les trois années qui viennet
de s’écouler.
(.
. . .)
GLOIRE à eux tous, héros obscurs qui
tombèrent sur notre sol ruiné, se sacrifiant au destin de la PATRIE ! !
Ils furent les premiers ouvriers de
GLOIRE à leur pure grandeur et à leur oeuvre
immortelle ! !
Ils furent les semeurs de notre courage à
tous, et la graine était bonne, elle a levé en une riche moisson d’énergie.
(.
. . .)
Ce sera la GLOIRE de la France d’avoir
rendu une partie de soin corps meurtri la possiblité
du travail.
Si nos efforts ont réussi, si la prospérité
renîat dans ce pays, il ne faut pas l’oublier,Messieurs,
c’est au courage héroïque, à l’abnégation, au sacrifice d’une partie de ses
Enfants que nous le devons.
C’est pour rendre hommage à ses Morts glorieux
que nous sommes venus devant cette pierre, célébrer leur vaillance et lier leur
souvenir, à ceux loin des théâtre de la Guerre, prisonniers, otages évacués
après avoir enduré la domination la plus odieuse, subi la torture de la faim,
du froid, et ont payé de leur vie la libération de notre territoire.
A tous nous garderons un vivant souvenir n’oubliant
pas que si nous retrouvons les douceurs d’une vie laborieuse, c’est à leur héroïsme
que nous le devons
SALUT à vous Soldats et Civils dont les noms sont gravés sur une table de pierre demeureront inscrits dans nos coeurs émus et reconnaissants.
Ce Monument n’atteste pas seulement notre
deuil profond, mais il s’élève comme le symbole de notre espoir ni de notre
inaltérable confiance.
C’EST LE CHANT
DU COQ VAINQUEUR !
Transcrit le 25/04/2007 par Guy Destré Adhérent N° 315 d’après des documents de Mémoires du Canton