Les épidémies de Rozoy sur Serre et de ses environs
(1780-1782)
Rozoy est en Thiérache, qui touche au Porcien. Or, les maladies, comme la mort, n’ont pas de frontières.
HENNEQUIN, médecin à MONTCORNET (Aisne) fit un rapport sur l’épidémie de ROZOY en 1782, rappelant les dysenteries de 1778 et 1779 dans la région et les « pleurésies et péripneumonies rapidement meurtrières » qui tuèrent 60 personnes des villages de SONS et CHATILLON les SONS, à deux lieues à l’Ouest de Marle au début de 1780.
Une grippe à complications pulmonaires et pleurétiques mortelles, semble-t-il.
Puis, en janvier-février 1781, SOIZE, NOIRCOURT, DIZY, Le THUEL et autres lieux situés au sud de Rozoy, sont le siège d’un fléau semblable à la maladie de Sons.
En janvier 1782, à Rozoy, des rhumes de poitrine suivis d’une maladie épidémique, font de février à avril un nombre considérables de victimes.
Certaines autopsies pratiquées sur les cadavres révèlent, d’après le docteur Picard, les mêmes phénomènes que ceux des épidémies de grippe espagnole en 1918-1919.
En moins de 3 mois, près de 70 personnes, représentant le quart des malades, périrent.
Les variations météorologiques n’étant pas étrangères à ces désastres, nous apprenons ainsi que « en 1779-1780 et surtout en 1781, l’été et l’automne furent très chauds, l’hiver fut tardif « ; c’est en janvier à l’apparition des gelées et des premiers grands froids que se déclenchèrent les épidémies de SONS en 1780, des environs de Rozoy en 1782. Celle de Rozoy apparut d’ailleurs à l’occasion d’un vent du Nord qui entraîna sur le pays des particules de neige qui refroidirent considérablement l’atmosphère. Telles sont les remarques d’HENNEQUIN, qui n’hésite pas à expliquer dans le jargon de l’époque que « la température chaude et humide relâchait les fibres des tissus sur un fond bilieux, favorable à la putréfaction : et le froid survenant ensuite resserait tout l’habitude du corps (habitus), comprimant les tissus comme une éponge et faisant dériver les sucs grossiers et indigestes qui occasionnaient l’engorgement des viscères ».
Ainsi pensait-on… jusqu’à Pasteur.
Extrait d’un article de Pierre Marchand, de l’académie
nationale de Reims, par Sylvie Leroy