LE GRAND ECHO DE L’AISNE
L’accueillante
petite ville de Saint-Simon a rendu, dimanche dernier, un éclatant et émouvant
hommage à la mémoire de ses enfants glorieusement tombés pendant la guerre.
Elle était à cette occasion, magnifiquement pavoisée et fleurie : Chaque
maison arborait un drapeau, les rues étaient abondamment décorées et un peu
partout, s’élevaient des arcs de triomphe.
A 1 : heure et demie, l’aimable maire,
M. Magnier, recevait à la mairie les personnages
officiels, qui se trouvaient ensuite réunis en un banquet excellemment servi
par l’hôtelier du « Coq Gaulois » de Montescourt,
dans la salle du vaux-hall.
L’infatigable sous-préfet de Saint-Quentin,
M. Roussel, présidait, entouré de MM. Magnier,
maire ; Desjardins et Frédéric Hugues, députés ; Gry
et Dupont, conseillers généraux ; Caron conseiller d’arrondissement ;
Dusseault, maire de Charenton -la généreuse marraine de Saint-Simon- et une délégation du Conseil Municipal de
cette ville ; Carpentier, maire de Jussy ; Sébline, maire de Montescourt ;
Dubois, maire de Tugny ; Milon, secrétaire
général de
Au champagne, M. Magnier
remercia les autorités et leva son verre en souvenir des morts ; M.
Roussel salua éloquemment la
restauration des ruines de Saint-Simon et porta la santé des parlementaires et
de la population ; M. Dusseault, maire de Charenton, assura sa filleule qu’elle pouvait compter en
toutes circonstances sur sa marraine ; et M. Desjardins salua M. Magnier « qui continue la tradition d’un père généreux
et regretté ».
Devant la modeste baraque qu’est la maison
commune, les pompiers sont groupés, drapeau déployé. La musique de Ham exécute
la « Marseillaise » et M. Lecomte-Larmuzeaux,
adjoint vient rappeler la longue carrière et la mort de M. Magnier
père.
Il termine en disant :
« Cette plaque rappellera qu’il y eut à
Saint-Simon un maire victime de la grande guerre. ».
M. Caron, conseiller d’arrondissement, qui
était uni à l’ancien maire de Saint-Simon par une solide amitié, évoque des
souvenirs tragiques, et M. François Hughes, député déclare :
« Nous aimons la paix et nous voulons
la faire régner dans le monde. Il nous faut pour cele
nous faire aimer et respecter. »
Enfin, M. Magnier
remercie avec une grande émotion les nombreux assistants et organisateurs de
cette manifestation dont il gardera un inoubliable souvenir.
Sur la place de
Tambours et clairons des pompiers, Musique
de Ham, Enfants des Ecoles, Combattants de Saint-Simon, Flavy
le Martel, Fluquières, Jussy,
Montescourt, Tugny et
Villers, Musique de Montescourt et les personnages
officiels encadrés par les sapeurs-pompiers.
Devant la tombe de M. Magnier
des discours sont prononcés au nom du Conseil municipal et par M. le curé doyen
de la paroisse. Une gerbe est déposée sur les tombes des victimes de guerre
puis, prenant le chemin du retour, l’on s’arrête pour déposer des fleurs, au
cimetière du Calvaire, où reposent les défenseurs de la glorieuse petite cité.
La pluie qui avait fait trêve un instant,
reprend quand le cortège arrive devant le monument, où une foule nombreuse et
recueillie stationne.
De forme pyramidale, le mausolée s’élève
d’un parterre verdoyant, sur le front du groupe scolaire. Un drapeau se détache
du granit sur lequel on lit : « Aux enfants de Saint-Simon morts pour
Au pied du monument, qu’encadrent les
drapeaux, une accorte Marianne monte la garde, ayant à ses côtés le gracieuse
Alsace, la charmante Lorraine et
Tandis que d’aimables quêteuses font le
tour de l’assistance, M. Magnier, maire, célèbre,
dans un vibrant discours, l’héroïsme des enfants de Saint-Simon. Il rappelle
que sur une population de 500 habitants, 26 sont morts. Douloureuse
constatation ! M. Magnier dit aussi :
« Morts, gloire à vous ! Toujours
nous nous souviendrons. »
Puis il dépose une palme offerte par la
commune et le conseil municipal.
M. le commandant Mayeux,
président des Anciens Combattants, fait l’appel émouvant des morts et, après
chaque nom, Mlle Dumontier répond d’une voix forte : « Mort pour
M. Roussel, dans une brillante allocution,
apporte aux grands morts de Saint-Simon, le tribut de reconnaissance du
gouvernement. M. Desjardins lui succède pour affirmer qu’une haute leçon d’union
se dégage de cette manifestation.
C’est ensuite M. Dupont, conseiller
général, qui glorifie les héros du canton, et M. le Maire de Charenton qui apporte le salut de sa ville aux 26 morts de
Saint-Simon « tombés pour sauver
La série des discours est close par M.
Legrand qui vient de dire, au nom du Souvenir Français : « N’oubliez
jamais ! »
M. le sous-préfet remettait ensuite au nom
du gouvernement le croix de guerre à la commune et
donnait lecture de la belle citation dont Saint-Simon fut l’objet :
« Cité détruite totalement qui fit
preuve d’un admirable courage en attendant l’heure de la délivrance. »
Mme Misset
recevait la médaille militaire attribuée à titre posthume à la mémoire de son
fils, puis se déroulait la cérémonie de la remise officielle de drapeaux à
Un vin d’honneur terminait cette imposante
manifestation patriotique, parfaitement organisée et magnifiquement réussie.
Ajoutons que le matin, à 11 heures, avait
lieu la bénédiction du monument après laquelle M. l’abbé Quéquignon
exalta en excellents termes le courage des disparus.
A 10 heures du matin, il sera célébré une
messe requiem à l’issue de laquelle aura lieu le
bénédiction du monument.
Source : Article paru dans le bi-hebdomadaire d’informations « le Grand Echo de l’Aisne ».
Transcrit le 25/04/2007 par Guy Destré Adhérent N° 315. d’après des documents de Mémoires du Canton