Les
suites d’un 1er lit.
transcription par Mireille Fleury
Le jour où j’épousai ma femme,
Elle avait ,de son
premier lit ,
Une fille à l’œil plein de flamme,
De laquelle mon père s’éprit,
Mon père était seul, mais très tendre ;
Avec ma fille il se maria.
C’ qui fait qu’mon
père devint mon gendre,
Et que j’ fus l’ beau-père de papa.
Ma belle fille devint donc ma mère ,
« ma belle-mère
cela s’entend, »
Or moi-même, j’ devins bientôt père
C’est ici qu’ça
cors’ légérement,
De ma fille , mon
fils fut le frère,
Mais là ne s’arrête pas tout
,
Car étant l’beau-frère
de mon père ,
il devint mon oncl’ du même coup,
Ce garçon fut, la chose est claire,
Mon petit-fils, mais avec ça,
Il devint égal’ment
mon frère,
Puisqu’il était l’ fils de papa !
Suivant la ligne de famille
,
Et les usages établis,
Il est claire que l’ fils de ma fille,
De ma femme devint l’ petit-fils.
Or, comm’il s’
trouvait êtr’ mon frère,
Alors, il arriva, ma foi,
Que ma femme devint ma grand-mère,
Quoiqu’ayant quatorze ans d’ moins qu’ moi ;
Donc par ce bizarre amalgame,
Un jour, il se trouva qu’ainsi,
Je fus l’petit-fils
de ma femme,
Dont j’étais égal’ment
l’ mari.
Voici comment, chos’
singulière,
Par les suites d’un premier lit,
Je devins mon propre grand-père
Et j’le suis encor’
aujourd’hui
La France généalogique N° 193 janvier 1996
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