La Bataille de Guise

Le 27 août 1914, la Vème armée de Lanrezac s’était repliée dans l’Aisne, de Guise à Aubenton, derrière l’Oise. Isolée, à cause du repli anglais sur sa gauche et de la retraite de la IVème armée française sur sa droite, elle semblait acculée à une mission de sacrifice. A l’aube du 29 août, von Bulöw lança une vigoureuse offensive pour franchir l’Oise, entre Guise et Etréaupont, avec deux corps d’élite, la garde impériale et le 10ème corps hanovrien. Malgré leur courage au combat, les forces françaises durent encore reculer. C’est alors que le général Franchet d’Espereay découvrait, dans le brouillard qui se levait, les unités allemandes qui commençaient à franchir les ponts et les gués de l’Oise. Il fit aussitôt ouvrir un feu intense d’artillerie sur les envahisseurs. Tirant à vue, les 75 firent merveille. Surpris, le 10ème corps allemand se mit à hésiter et ralentit sa manœuvre. D’autres unités de la Vème armée française arrivaient à la rescousse. Cette fois, l’ennemi pliait. Ebranlé, von Bulöw fit repasser l’Oise à ses deux corps qui battirent en retraite vers le nord. C’était la victoire de Guise.

L’évènement était d’importance. Pour la première fois depuis le début de la guerre, des unités allemandes étaient mises en échec et réduites au repli. Pour la première fois aussi, les troupes françaises avaient pu appliquer les directives tactiques de l’état-major et faire un usage judicieux de leur artillerie, en préparation à une action offensive. Le sursaut de Guise n’empêcha pas la retraite générale de se poursuivre vers le sud, où Joffre prévoyait de regrouper toutes ses forces en vue d’une contre-offensive générale. Mais le général von Bulöw, abattu par cet échec, devint désormais moins assuré. Le retard important qu’il avait pris sur son voisin von Kluck joua un rôle indéniable dans la victoire de la Marne. C’est peut-être à Guise que le plan Schlieffen fut vraiment mis en échec.

Le monument à la gloire de la Vème armée, inauguré en 1929,  a été réalisé par les frères Martel Jan et Joël (1896-1966) qui avaient déjà réalisé le monument aux morts du Familistère.

Source : Première Guerre Mondiale des Flandres à l’Alsace le guide, Collectif, Casterman , 1996

Article et photographies : Sébastien Sartori


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