|
Le cimetière militaire
allemand de Saint-Quentin |
|||
![]() ![]() ![]() |
Dès le début de la Première Guerre Mondiale, la France dut jouer le rôle de pays envahi. La guerre fauchant toujours plus d’hommes à un rythme accéléré, il fallait bien enterrer les morts en pays occupé. Les soldats tués étaient donc enterrés à proximité du front dans l’enceinte de cimetières communaux ou dans des extensions qui finirent par devenir des cimetières militaires. Dans ces cimetières furent édifiés des monuments commémoratifs. Par le traité de Francfort du 10 mai 1871 , à l’article 6, les gouvernements français et allemand s’étaient engagés réciproquement à entretenir les tombes de guerre existant sur leurs territoires respectifs. Ce cimetière existait avant 1914 sous la dénomination de cimetière Saint-Martin, dans lequel étaient inhumés les défunts du quartier du même nom. Le 25 mars 1915, Quatre maquettes en plâtre sont exposées à Saint-Quentin et l’adjoint au maire de Saint-Quentin, M. Gibert qui fait fonction de maire ne peut qu’approuver le projet A cette époque, reposent dans ce cimetière les corps de 616 soldats allemands, 126 soldats français et quelques soldats anglais. Le projet est rapidement exécuté et le 18 octobre, le monument est inauguré par le Kaiser Guillaume II. Un office est célébré par un pasteur évangélique, suivi par la chanoine Démaret, archiprêtre de Saint-Quentin. Le monument se compose de quatre colonnes supportant une frise de couronnes de lauriers, et se termine par un fronton inspiré de l’architecture de la Grèce antique, dont raffolait le Kaiser, où ‘on voit le chrisme entouré de l’alpha et de l’oméga. Deux bronzes, représentant des hoplites grecs, veillent dans une attitude recueillie. Ils sont placés sur des piedestals, en avant du monument. Leur destruction fut réclamée par Henri Lavedan dans un article de L’Illustration de 1917 : « Grossières idoles d’un art abject où le Munichois confine au Canaque, statues d’Appolon de caserne et de guerriers qui se croient antiques et qui puent l’Oberlieutnant dont la vulgaire académie a donné à la fois le modèle et la pose… Nous ne toucherons pas aux morts qui sont couchés. Un simple croix, courte et bonne, suffira pour que nous soyons amplement généreux. Et quant au reste…à bas la pioche et le bélier. » Sur le socle des statues, l’inscription « Wandschneider fec » du nom du sculpteur. Né à Plau en 1866 Wilhelm Wandschneider fut élève de l’académie de Berlin. Il sculpta de nombreux monuments aux morts et des crucifix. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans des musées allemands. Sur le panneau central a été gravée, en relief, la formule latine « resquiescant in pace » - qu’ils reposent en paix- au dessous « mortui hic pro patria ». Les deux ailes du monument ont été aménagées de telle sorte qu’on ait pu y graver, en relief, les noms des soldats inhumés en ce lieu. Sur la partie gauche, on y lit encore les noms des 119 militaires français enterrés dans la partie gauche de ce cimetière. Ces corps furent par la suite transférés dans d’autres cimetières. Sur la partie droite, sous la croix de Malte, la liste des premiers soldats allemands inhumés dans la partie droite du cimetière. Dans ce cimetière reposent les corps de 8229 soldats allemands dont 1514 n’ont pu être identifiés. Les croix d’origine en bois ont été remplacées par des croix métalliques. Quatre noms sont gravées par croix. On voit dans ce cimetière plusieurs tombes de soldats de confession israélite. Elles sont marquées par une stèle de pierre au sommet arrondi, frappée de l’étoile de David et d’un verset hébraïque « avec l’aide de Dieu ». |
||
|
Sources : Lieux de mémoire 14-18 en pays de Vermandois, Dominique MORION Première Guerre Mondiale des Flandres à
l’Alsace le guide,
Collectif, Casterman , 1996 Article réalisé par Sébastien Sartori Photographies : Sébastien Sartori et Société académique de Saint-Quentin |
|||