Monographie de Couvron
Commune du canton de Crécy sur Serre
Titre I - Géographie physique
I) Situation astronomique de la
commune - son étendue
superficielle - son territoire - son
terroir - ses différentes
divisions
Couvron et Aumencourt, arrondissement de Laon, canton de Crécy sur
Serre; situé à 14 km Nord Ouest de Laon et à 11 km au Sud Ouest de
Crécy
Bureau de poste et télégraphe
Son territoire, d'une étendue de 1338 hectares, est limité par
ceux des communes suivantes: Remies au nord; Assis sur Serre au
nord-est; Chéry Les Pouilly et Vivaise à l'est; Crépy en Laonnois
au sud; Fourdrain et Versigny au sud-ouest, et enfin Monceau Les
Leups à l'ouest.
Le terroir se divise ainsi: terres labourables 923 hectares;
herbages pâturés 7 hectares; jardins, verges, parc 82 hectares;
bois 272 hectares; landes, pâtis et bruyères 5 hectares.
Les dépendances sont: Aumencourt, ferme; Le Moulinde Couvron,
maison isolée, près de laquelle se trouvait un moulin à vent
incendié par la foudre vers 1850; la Râperie, appartenant à l'une
des deux sucreries d'Aulnois.
Les principaux lieux-dits sont:
Aumencourt; la belle croix; Vin de brissy; Poirier ferdain; Bois
du chemin des Tartines; Montrecouture, l'Arbre Mondot, Viledame,
St Privat, le chaufour, les Pétériaux, St Vincent, les bitardes,
la pelle à four, la fortelle, les usages, la fagnole.
II) Les noms successifs de la
commune
Altare de Cuveron 1125; Coveron 1204; Couveron 13è siècle; Couvron
et Montrecouture 1764; Couvron et Aumencourt (M.Matton et l'Abbé
d'Expilly).
La ferme d'Aumencourt a porté successivement les noms suivants:
Omundicurtis 1125; Parrochia de Aumoncurte 1135; Omoncurt (12è
siècle).
III) Relief
Le sol est plat, sauf quelques légères ondulations à l'ouest, et
fait partie de la plaine qui s'étend au nord de Laon.
IV) Météorologie
Rien de particulier
V) Géologie
Craie blanche, un peu d'argile et de sable.
VI) Hydropgrahie
Néant
VII) Les marais - leur situation
Néant
VIII) Bois et forêts
Les bois, taillis sous futaie, ont une étendue de 272 hectares;
ils sont adjacents au bois dit La Queue de Monceau, qui formait
autrefois l'apanage du duc d'Orléans, plus tard Louis Philippe.
Les principales essences sont le chêne, le charme, le hêtre, le
tremble, le bouleau
IX) Faune communale
Faune laonnoise, rien de particulier
X) Flore communale
Faune laonnoise, Orchis Laxiflora
XI) Population
677 habitants
En 1760, elle était avec Montrecouture, de 439 habitants (98
feux), de 646 habitants en 1800, de 751 habitants en 1818, de 748
en 1886; depuis cette époque la population diminue par suite de
l'émigration des campagnes vers les villes.
XII) Nombre de mariages, naissances
et décès
Pendant les dix dernières années 1874 - 1883) le nombre des
mariages a été de 48; celui des naissances 149, et celui des décès
147.
XIII) Particularités sur la
constitution physique des habitants
Couvron est l'un des plus beaux villages du Laonnois, les rapports
des habitants avec le chef lieu du département sont fréquents et
facilités par le voisinage de la station de Crépy à Couvron,
placée à égale distance des deux communes (2 km).
Les habitants sont d'un caractère doux et de moeurs paisibles, se
livrant aux travaux des champs et des bois; il faut cependant
reconnaître que les moeurs ne se sont pas améliorées depuis que,
pendant la saison d'hiver, un grand nombre d'ouvriers sont
employés dans les fabriques de sucre de Couvron. Un grand
changement dans les habitudes et le genre de vie en a été la
conséquence funeste à la santé des habitants dont la vie dépassait
de beaucoup autrefois,
la moyenne ordinaire, grâce au voisinage des bois. Autrefois le
régime alimentaire consistait presque uniquement en légumes, les
habitants ne mangeaient de la viande qu'aux jours de grande Fête;
il n'en est plus de même aujoud'hui; les ouvriers se nourrissent
comme ceux des villes; les habitants se sont livrés de temps
immémorial et se livrent encore à l'exercice salutaire du jeu de
paume. Le nombre des illettrés ne s'élèvent pas au cinquième de la
population.
Titre II - Géographie historique
Les origines de Couvron
Il paraît qu'au commencement du XIIIè s., COuvron n'était qu'une
ferme appartenant aux seigneurs de La Ferté Chevresis. En 1204,
Gobert, l'un d'eux, fonda son anniversaire dans l'abbaye de St
Vincent de Laon, en lui donnant un muid de blé à la mesure de
cette ille sur sa grange de Couvron, avec deux muids de vinage et
10 chapons. On voit par les termes de cette charte que la vigne
était alors cultivée à Couvron (M.Melleville - Dictionnaire
historique).
La seigneurie de Couvron avait la haute et basse justice. En 1346,
Jean de Longueval, seigneur de Droisy et Marie de Boves, sa femme
vendirent cette seigneurie avec la haute et basse jusitce à
l'abbaye St Nicolas aux Bois pour une rente annuelle de 22 livres
6 sous et 6 deniers (M.Melleville - Dictionnaire historique).
La ferme d'Aumencourt formait autrefois une paroisse séparée qui,
en 1766, comptait 40 feux. Dès 1135 Foulques, seigneur de
Pierrmande donna à l'abbaye de St Martin de Laon assez de terre
dans la paroisse d'Aumencourt pour y bâtir une ferme. Quarante ans
plus tard, l'abbé de St André du Câteau lui abandonna le reste du
terroir qui lui appartenait, en échange de terres sies à Besny et
d'un trécens de 6 jallois de froment (M.Melleville - Dictionnaire
historique).
La charte de ce dernier don figure au cartulaire de St Martin (62
p, 314). Elle fut brûlée puis reconstruite à la fin du 18è siècle.
Elle appartenait encore à l'abbaye de St Martin au moment de la
révolution et fut réunie à Couvron par arrêté du Directoire du
département de l'Aisne du 21 octobre 1791.
Il y a environ un siècle existait, à une demi-lieue est-sud-est de
Couvron, une autre ferme appelée Montrecouture qui appartenait
aussi à l'abbaye de St Martin de Laon, et qui fut détruite vers la
fin du 18è siècle, par un incendie. Le chemin qui conduisait de
Couvron à Montrecouture s'appelle chemins des tartines. D'après la
légende, il est ainsi nommé parce que, à certaines fêtes de
l'année, les enfants de Couvron se rendaient par ce chemin à
Montrecouture et y recevaient des tartines de beurre.
I) Evènements remarquables dont la
commune a été le théâtre
En 1590, un détachement de ligueurs tomba dans une embuscade de
royalistes près de Couvron. Les premiers y perdirent 25 hommes
tués et beaucoup de prisonniers (M.Melleville - Dictionnaire
historique).
II) Personnages célèbres
Néant
III) Pierres, roches et grottes
consagrées par une croyance
populaire
Néant
IV) Voies gauloises et voies
romaines
Le village est bâti sur l'ancienne voie gauloise de Soissons à
Ribemont, elle se dirige d'abord du sud au nord puis s'incline
vers l'ouest.
La chaussée gauloise de Metz à Cambrai, Arras, Amiens par Laon et
St Quentin, traverse le nord-est du territoire, se dirigeant du
sud-est au nord-ouest. Elles n'aboutissent à aucun camp romain.
La voie romaine de Reims à Arras, traverse le territoire d'Assis à
une petite distance et au nord-ouest du territoire de Couvron.
V) Souvenir d'un champ de bataille -
Anciens monuments
La commune ne comporte pas de souvenir d'un champ de bataille, ni
d'anciens monuments remarquables
VI) Archéologie
Des épées, des monnaiesromaines en or (des Constantins), des
lampes funéraires et quelques sépultures ont été trouvées en 1879
au lieu dit "La Fortelle", au sud du territoire; une partie de ces
objets a été déposé au musée de Laon ou au château de Couvron.
VII) Les églises
L'unique église est placée sous le vocable de St Privat (évêque et
martyr à Mendes) dont elle possède quelques reliques. La fête du
patron a lieu le 21 aoput, elle est suivie d'une neuvaine. La fête
patronale a lieu le dimanche qui suit le 21 août.
L'ancienne église, qui n'avait qucun caractère particulier
d'architecture et qui menaçait ruine, a été démolie en 1868; une
nouvelle église a été livrée au culte en 1872. Cet édifice, en
style roman, a, à l'intérieur 28 mètres de longueur, la hauteur
sous voûtes est de 11 mètres dans la nef et 10 mètres dans les
collatéraux. Il a été construit sur les plans de Mr BENARD,
architecte à St Quentin.
Dans la sacristie, deux portes provenant de l'ancienne abbaye de
St Nicolas Aux Bois, représentant des attributs ecclésiastiques;
elles sont fouillées avec art et ont une certaine valeur, aux
dires des connaisseurs.
VIII) Ancienne abbaye
A 1 km environ de Couvron, au milieu du cimetière communal, il y
avait une chapelle dans laquelle était une statue de St Privat; on
y venait en pélerinage.
Lors de la démolition de ce petit édifice (1845), on découvrit des
fresques ayant trait à la vie et au martyre de St Privat; elles
ont été décrites dans un opuscule par Mr Edouard FLEURY, qui leur
a attribué de la valeur.
Une nouvelle chapelle très simple, a été construite sur
l'emplacement de l'ancienne; elle renferme aussi la statue du
patron.
IX) Présence d'arbres célèbres
Il y a environ une centaine d'années on voyait à l'extrémité du
chemin de la Croix Rouge, à l'intérieur du bois, un trsè gros faux
ou hêtre, de 2 à 3 siècles, dans le corps duquel on avait creuse
une niche renfermant la statue d'une vierge que l'on appelait
"Notre Dame du Faux" qui jouissait dans la contrée d'une grande
vénération. Les passants se signaient en cet endroits, et les
pélerins des communes voisines qui se rendaient à la neuvaine de
St Lambert de Fourdrain n'oubliaient jamais de prendre ce chemin
pour faire une station à "Notre Dame du Faux". L'arbre et la
statue ont disparu.
XI) Le château
Il n'existe pas d'ancien château. Le château actuel est du XVIIè
siècle et qui n'offre rien de remarquable, a été réparé il y a
quelques années; c'était à l'origine un simple rendez-vous de
chasse.
XII) Les écoles (publiques ou
laïques)
La commune possède trois écoles publiques: une école primaire
laïque de garçons, une école primaire congréganiste de filles, une
école maternelle congréganiste.
La fondation de l'école mixte remonte à 1730; l'école de filles a
été ouverte le 1er octobre 1851, elle a toujours été dirigée par
les soeurs de l'Enfant-Jésus de Soissons. L'école maternelle a été
établie le 1er octobre 1882.
Un courd d'adultes existe depuis 1865, il n'est pas assez suivi.
La bibliothèque scolaire, fondée en 1867, compte près de 400
volumes.
52 élèves ont fréquenté en 1883 l'école des garçons, 50 élèves
celle des filles et 44 élèves, l'école maternelle.
D'après le témoignage des anciens de la commune, l'école mixte de
Couvron a fonctionné pendant la période révolutionnaire comme en
temps ordinaire.
La commune jouitr d'un legs testamentaire de 54 francs fait par
Mme WALLON, propriètaire du domaine de Couvron.
Avant 1842, le maître livrait à la commune, sa maison moyennant
une indemnité qui n'a jamais dépassé 80 francs.
A cette époque, la commune acheta une maison, la fit approprier à
sa nouvelle destination, et fit construire tout près du logement
de l'instituteur, une classe d'une superficie de 71,9 mètres, bien
éclairée, pourvue aujourd'hui d'un mobilier complet.
La maison d'école des filles fut acquise en 1851; une salle de
classe bien éclairée dut construite en 1859. Le logement et
l'école ont été restaurés en 1879 par Mr ERMANT, architecte à
Laon; le mobilier scolaire a besoin d'être renouvelé.
L'école maternelle, comprenant deux salles bien aérées, bien
éclairées et bien meublées, a été construite à la suite de la
classe des filles sous la direction de Mr ERMANT.
Titre III - Géographie économique
La couche arable est d'une faible épaisseur et pauvre en humus. Le
terroir, peu fertile, donne cependant de bonnes récoltes depuis
quelques années, grâce à un nouveau mode de culture, à l'emploi
d'engrais puissants et d'excellentes machines agricoles.
L'assolement est quadriennal dans les terres sablonneuses et les
terres calaires (30 à 40% chaux); il dure 5 ans dans les terres
argileuses.
Il existe annuellement 56 hectares de achères.
Les engrais employés sont le fumier de ferme, les superphosphates,
l'azotate et le nitrate de soude, les tourteaux, les sols
ammoniacaux, le salpêtre, le guano, les boues et immondices
divers.
Les principaux instruments aratoires sont: les charrues bisocs,
les houes à cheval, les machines à battre, les semoirs mécaniques,
les faucheuses mécaniques et les râteaux à cheval.
405 hectares sont cultivés en céréales:
- 175 hectares en blé
- 100 hectares en seigle
- 10 hectares en méteil
- 10 hectares en orge
- 110 hectares en avoine
Il n'y a pas de véritables prairies naturelles, 7 hectares sont
occupés par des herbages permanents patûrés; les prairies
artificielles occupent 105 hectares; 40 hectares sont en outre
cultivés en fourrages annuels.
Il y avait autrefois un vaste étang dit de "St Lambert", qui
s'étendait jusqu'au territoire de Couvron; il est desséché et il
n'en reste plus trace.
I) Les cultures
63 hectares sont plantés en pommiers, poiriers et cerisiers;
beaucoup de ces arbres ont été gelés pendant le rigoureux hiver de
1879-1880. On replante les arbres détruits. La vigne qui était
cultivée en 1204 ne l'est plus depuis un temps immémorial.
Il n'y a pas de houblonnière; 250 hectares à sucre; cette racine
donne en moyenne un rendement de 300 à 350 quintaux à l'hectare.
Les autres plantes cultivées sont dans les champs, la pomme de
terre et la betterave fourragère; dans les jardins, le spois, les
haricots et les carottes.
12 hectares de taillis sous futaie ont été défrichés en 1841 et en
1850, mais 3 hectares ont été replantés depuis.
II) Les biens communaux
La partie des biens communaux dite "les usages" (34 ha 78a et 20
ca) a été partagée entre les habitants, à raison de 5 ares ou 10
verges par individu existant (en 1804 ou l'an XII).
Une autre partie a été vendue en 1877.
Il n'en existe plus que 5 ha 88 a qui sont loués.
III) Les animaux
Il y a, à Couvron, 120 chevaux de tout âge, 90 boeufs et taureaux,
70 vaches, 2200 moutons (races du pays), 45 porcs et 12 chèvres.
Le nombre de ruches en activité est de 60. Les animaux nuisibles
sont: le renard, le lapin, le rat, le loir, la souris, le mulot,
le ver blanc et le hanneton, les sauterelles, la courtillière,
l'altise etc...
Les insectes utiles sont: l'abeille, la scarabé doré, le fourmi-
lion, les brachelytres (les claviscornes ou silpha staphylium),
les coccinelles, les cantharules, les carabides suivants:
carabus auratus, monilis, procustres, horpalus, féronia.
La chasse n'est soumise à aucune condition particulière, les
propriètaires chassent sur les propriétés qui leur appartiennent.
IV) Les industries
Il n'existe sur le territoire qu'une raperie. Les ouvriers occupés
dans les sucreries reçoivent un salaire plus élevé; mais obligés
de fournir un travail plus fatiguant, ils essaient de réparer
leurs forces par un régime alimentaire plus couteux, qui détériore
leur santé et ne leur permet de réaliser aucune économie.