VILLENEUVE

 

 

         Le plus ancien titre que nous ayons rencontré sur Villeneuve, se trouve dans le cartulaire de Coincy, année 1223, dans une donation de terre et bois tenant au comte Robert, seigneur de Villa novae

         Plusieurs jeunes filles de la maison de Braisne et de Fère prirent l’habit de l’ordre de Fontevrault au couvent du Charme ; les seigneurs de Fère, qui l’étaient en grande partie de Villeneuve, donnèrent à cette occasion Chinchy, nommé alors Chinci, et qui appartint au couvent du Charme jusqu’à la révolution de 1789.

         Le vieux château de la Tournelle, fait partie du terroir de Villeneuve ainsi que le fief de la Nouais, dont les Conflans se sont toujours qualifiés seigneurs.

         La seigneurie de villeneuve était fort divisée ; il y avait un manoir seigneurial sur la place qui est très grande.

         La remarquable famille de Renty fut non seulement seigneur de Villeneuve, mais y établit sa résidence. Madeleine de Pastoureau, baronne de Renty, y demeurait en 1628. Le nobiliaire de Picardie parle de son fils Gaston de Renty comme d’un guerrier pieux et fort brave ; les armes de cette famille étaient : « d’argent à trois doloires de gueules, les deux du chef adossées »

         En 1634, nous trouvons, le 24 avril, que dame Renée de Renty était dame de Villeneuve ; elle y mourut le 7 septembre 1646 et fut inhumée devant le maître autel.

         Au 25 mai 1636, c’était Anne Payen qui était dame du lieu ; elle était veuve de Jehan Pinterel ; il y a une pierre tombale des Pinterel dans la nef de l’église (les Pinterel étaient aussi seigneurs de Montorory, ils le furent de Villeneuve jusqu’en 1742 que fut inhumée dans la sépulture seigneuriale : Marie Petit âgée de 76 ans, veuve de J.B. Pinterel, trésorier de France à Soissons ; M. Marquet seigneur de Mont St Père, si fameux par ses prodigalités, succéda aux Pinterel dans la seigneurie de Villeneuve).

         PREAU : il y a plusieurs seigneurs remarquables de ce nom, mais on ne voit pas toujours s’ils sont du fief de Villeneuve. Nous ne citerons donc que ceux dont nous avons retrouvé les noms dans les archives de la localité.

         On voit dans les registres de Villeneuve le nom de la famille Hatrel,

 

 

 

 

 

 précédé de la particule, que cette famille n’avait pas, bien qu’elle fût noble et qu’elle eût prouvé que Simon Hatrel, son ancêtre, s’était distingué comme homme d’armes en 1536, sous la conduite du duc de Bouillon au siège de Péronne.

         Les seigneurs de Préau occupèrent des charges dans la magistrature de Soissons ; Christophe Hatrel, en 1618, et son Pierre de Hatrel, chevalier d’honneur au présidial de Soissons, furent tous deux de l’académie de cette ville ; cette famille s’est alliée à la famille de Vertus de Château Thierry ; Claude de Vertus, seigneur de Macogny, avait épousé Judith de Hatres ; Préau appartint ensuite aux seigneurs de Mont St Père et Bouvardes.

 

 

ANCIENNES FAMILLES

 

 

         La famille de Bergue et Potier sont très anciennes à Villeneuve ; Simon Potier et Jehanne de Bergue ont été inhumés dans l’église, l’un en 1542, l’autre en 1545, ainsi qu’on peut le voir  par une inscription légèrement recouverte de badigeon, à un pilier du côté de l’évangile dans la nef ; en 1578, on trouve dans les registres les noms de Jehan Plonquet, Duvillé, Noël Hochart, Jehan Poulet ; les familles de Bergue et Potier y sont alors nombreuses.

         En 1694, la famille Philippon fit exploiter des carrières à plâtre ; on trouve le nom d’Antoine Philippon ;

         Le nom de Henri le Luc doit rester à jamais dans le souvenir des habitants de Villeneuve, à cause du legs qu’il fit à Villeneuve et qui constitue en grande partie aujourd’hui les revenus du bureau de bienfaisance de ce village.

         Henri le Luc mourut curé, du lieu, le 14 avril 1782, il fut inhumé dans la nef où l’on voit sa pierre tombale dont l’inscription sera bientôt effacée.

         Le 21 novembre 1790, M. de Bigault, curé, prêta le serment exigé par la constitution civile du clergé, en présence du maire Dambraine, du procureur de la commune, Leroy, et de tous les habitants ; sur la fin de 1790, quelques habitants avaient hâte de s’emparer des biens des couvents ; ils commencèrent à enlever les pierres de taille de la ferme de Chinchy ayant appartenu aux ci-devant dames du Charme ; la municipalité en dressa procès verbal (des murailles indestructibles s’élèvent isolées sur le bord de la montagne, dernier reste de cette antique métairie du comte Robert de Dreux).

         L’élection de Claude-Eustache-François Marolles, comme évêque du département de l’Aisne, modifia singulièrement les idées de M. de Bigault ; il ne voulut point lire au prône la lettre pastorale du nouvel évêque ; il en résultat une

 

 

 

 

véritable émeute populaire ; le maire et toute la municipalité envahirent le presbytère le 20 mars 1791, et l’ordre fut intimé au curé de lire la lettre du nouvel évêque ; M. de Bigault répondit qu’il regrettait de différer de manière de voir avec ses paroissiens, mais que chacun devait être libre, que sa conscience lui défendait de reconnaître le nouvel évêque et que par conséquent il ne pouvait lire sa prétendue lettre pastorale.

         Après ce refus, M.  de Bigault n’eut plus qu’à quitter Villeneuve. Il se réfugia à Préau. Mais les gens les plus violents, connaissant sa retraite, y coururent pour le prendre ; M. de Bigault, averti à temps, se cacha dans la forêt ; mais il fut traqué comme une bête fauve et ramené en triomphe à Villeneuve ; cependant, par l’entremise de quelques hommes modérés, l’effervescence se calma un peu ; M. Thierry, profitant de ce calme, lui procura un cheval ; il partit secrètement et gagna la frontière.

         Lorsque le concordat eut régularisé le culte catholique rétabli dans les communes, Villeneuve se ressouvint de son ancien curé ; les hommes modérés étaient revenus au pouvoir ; ils firent savoir à M. de Bigault qu’ils désiraient qu’il revint à Villeneuve ; M. de Bigault répondit au maire par une lettre aussi flatteuse pour les habitants que digne du caractère de celui qui l’écrivait ; voici un extrait de cette lettre :

 

         « j’ai appris avec sensibilité, mes amis et ci-devant bons paroissiens, que vous aviez écrit à ma famille pour m’engager à revenir parmi vous ; c’est une preuve que malgré la longue absence vous ne m’avez pas tout à fait oublié ; je puis aussi vous assurer que vous n’avez pas cessé de m’être cher ». Il regrette que le concordat soit tel qu’il est ; si pourtant l’évêque de Soissons y consent, il reviendra être simple desservant de Villeneuve. « je ne parle, ajoute-t-il ni de logement, ni de traitement ; que j’aie le nécessaire et je serai content, mes chers amis, si je retrouve en vous la bonne conduite et la docilité que j’y ai laissé en partant ».

         Cette lettre de M. de Bigault semble prouver que la persécution qu’il avait éprouvée en 1791 n’avait été l’œuvre que d’un petit nombre de gens. M. de Bigault restait à Wemding, en Bavière, près de Manheim. (3 novembre 1802).

         M. de Bigault ne revint pas à Villeneuve et l’on croit généralement qu’il mourut en Allemagne.

         L’église qui fut construite au XIIIe et au XIVe siècle, est d’une belle architecture ; elle contient une remarquable statue de pierre de son patron Saint Georges ; nous disons remarquable, non par l’élégance de la forme, mais par l’antiquité ; cette statue équestre est un monument du moyen âge de la fin du XIVe siècle ; une note des registres de baptême indique, qu’en 1627, le toi entier de l’église fut enlevé par une trombe de vent ( le 7 décembre 1627, il s’éleva de

 

 

Minuit à six heures du matin un horrible vent grondant comme un tonnerre qui enleva la cage du clocher ; il était furieux tel qu’on en avoit pas vu à Villeneuve, se ce n’est le jours de Pasques 1589, et le lendemain de Pasques 1620). L’église vient d’être nouvellement restaurée.

         La commune vient de faire construire une belle école communale sur la place ; cette place serait vraiment magnifique si les habitants la nivelaient un peu