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Homme du Cambrésis, il évoluera du maquettisme
d'étalage à l'affiche puis, professeur de dessin durant quelques années sans
trouver son plein épanouissement. Après avoir posé son chevalet en Avesnois, il s'établit à Hirson en 1966. Comme beaucoup
d'artistes "déracinés" de leur milieu ambiant, il connaîtra un
passage à vide jusque dans les années 70. Peu à peu, il s'ouvre à ce qui
l'entoure.
Son regard se porte sur la nature qui lui fait découvrir les fleurs qui
prennent la forme d'un bouquet ; Gilbert reprend en mains son couteau de
peintre. C'était l'époque des bouquets reflétant l'atmosphère de Thiérache.
Puis son regard s'ouvre à des idées nouvelles souhaitant associer la nature
et l'élément humain. Il élabore le projet de remodeler ce qui fait encore
pour quelques temps, l'habitat traditionnel de thiérache. Au crayon tout
d'abord, il situe son sujet et il ajoute la vision de "Sa"
thiérache. Il se met en arrêt.
Lucide, il construit son travail et donne la gradation d'effets ; il
trouve sa palette de lumière. Avec les travaux de chevalet, l'artiste
franchira un niveau en recomposant ces vestiges des siècles derniers
cherchant le meilleure cadrage, le point culminant,
le rapport des valeurs, affirmant "Les fleurs on les prend comme l'on
veut ; on fait ce que l'on veut. Le paysage de thiérache,
on le subit. Il faut ne pas le déprécier, il faut le magnifier, le sublimer
tout en ne cherchant pas la facilité faisant disparaître la technique sous le
rendu de l'effet. L'effort ne doit pas se ressentir au travers d'une
oeuvre."
En s'éloignant un peu des compositions florales et de l'art traditionnel de
Thiérache, Gilbert Arduin lors de voyages dans les
alpages de Savoie, de la Maurienne devant l'immensité d'un horizon bouché, là
où se niche un village, un chalet, une église, un campanile, c'est un coup de
foudre par l'éclat des couleurs et de l'architecture différente de thiérache mais en situation similaire. Gilbert anime ses
toiles.
Frappé par le "domaine de peintre" c'est-à-dire la sérénité
engendrée par l'espace, il fait communion étroite avec le réalisme et le
contemplatif.
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