L’ABBE DE LA CAILLE  (Nicolas-Louis)

MATHEMATICIEN & ASTRONOME

  • Né le 15 mars 1713 à RUMIGNY près de ROZOY en Thiérache, fils de Nicolas-Louis de la Caille et de Barbe Rubuy, tous deux issus des familles distinguées du Laonnais.
  • Il étudie au Collège de Lisieux –
  • A 18 ans son père meurt le laissant sans fortune.
  • Jeune homme au caractère doux, il fait preuve d’une grande assiduité au travail, de mœurs réguliers, il progresse rapidement dans les études – ses qualités attirent l’attention de ses supérieurs et par cela même celle du Duc de Bourbon, ce Prince qui avait déjà placé son père chez la Duchesse de Vendôme en qualité de Capitaine des chasses à Anet.
  • Le Duc de Bourbon se charge alors de pourvoir à tous ses besoins. Ce qui permet à l’Abbé de la Caille de se tourner vers l’Astronomie.
  • Il doit cependant faire face aux difficultés de s’instruire sans maîtres, sans livres, sans instruments car l’étude à laquelle il se consacre est étrangère à celle du Collège qu’il fréquente -.
  • Il n’abandonne pas pour autant son projet, ses premiers succès sont bientôt connus de M. Cassin qui le prend avec lui à l’Observatoire.
  • Avec un tel Maître il ne tarde pas à devenir un habile astronome et partage l’étude, avec M. Thuri, de la méridienne qui, passant par l’Observatoire, traverse du nord au sud tout le Royaume.
  • A 25 ans, on lui confie une chaire de Mathématiques au Collège de Mazarin.
  • Afin de concilier ses deux occupations (Astronomes et Mathématiciens) il dispense des leçons élémentaires de mathématiques à ses élèves et fait imprimer la première partie de ses cours en 1741, les autres suivent successivement.
  • Cette même année il obtient de l’Académie des Sciences une place d’adjoint Astronome , il y passe peu d’années et devient associé.
  • Toujours dans cette même année, il publie un Mémoire sur l’application du calcul des différences à la trigonométrie sphériques.
  • Trois ans après, en 1744, il met au jour son Traité des Protections Astronomiques.
  • En 1746, il donne une Méthode si facile de calculer le cours d’une comète, en supposant son orbite parabolique, qu’en employant un petit nombre d’observations et seulement six fausses positions le calculateur le moins exercé peut, en moins d’une demi-heure, en déterminer tous les éléments et reconnaître si elle n’est pas une de celles qui ont été précédemment observées.
  • Il entreprend un voyage (approuvé par le Ministère des Sciences) au Cap de Bonne Espérance le 21 novembre 1750, dans l’intention d’y vérifier, par des observations concertées avec les Astronomes de l’Europe, plusieurs éléments importants, tels que les parallaxes du soleil, de la lune et de quelques planètes, l’obliquité de l’ecliptique  et de profiter de la situation de ce lieu, placé à plus de 34 degrés de latitude méridionale, pour observer la position des étoiles du ciel austral et compléter le Catalogue auquel il travaille depuis longtemps.
  • Ce voyage se révèle être un franc succès, Louis-Nicolas s’applique sans relâche à terminer la position des étoiles du Ciel austral et en moins de deux ans fixe celle de plus de 9800 étoiles. Ses observations sont consignées dans « l’Histoire de son Voyage », publié en 1751 par l’Académie des Sciences.
  • Il observe la célèbre comète de 1759 avec toute l’exactitude dont il est capable (avec la théorie) – les résultats paraissent en 1760 avec la détermination d’une grande précision de l’orbite et des éléments.
  • Infatigable, il participe à l’opération demandée en 1756 par l’Académie des Sciences (de faire mesurer la base de M. Picard) – jamais les observations n’étaient interrompues – indépendamment de celles qu’il communique à l’Académie de Sciences, il en fait d’autres relatives à son Catalogue d’Etoiles.
  • On rapporte qu’en 1762 peu de temps avant sa mort, il est resté 3 heures de suite couché sur le dos au milieu de la nuit pour observer des étoiles près du Zénith –
  • Il meurt le 15 mars 1762 d’une fièvre maligne alors âgé seulement de 49 ans.
  • L’abbé de la Caille était sérieux et froid avec ceux qui ne le connaissaient pas, mais il se laissait aller avec ses amis à une gaîté douce et tranquille – ami de la vérité, il osait la dire en face, quitte à déplaire, il était extrêmement égal et modéré dans toute sa conduite. Jamais il ne sollicita de grâces, jamais il ne fit un pas vers la fortune. Il avait beaucoup de précision et de netteté  d’esprit et l’on retrouve dans ses écrits le même ordre et la même clarté. Satisfait d’exposer nettement ses pensées, il songeait rarement à les embellir.
  • Il était Diacre, refusant de recevoir l’Ordre de la Prêtrise, par peur de se voir mettre des obstacles pouvant l’empêcher d’honorer ses fonctions au Ministère.

Fiche réalisée par Evelyne Dameron à partir du fond iconographique des archives municipales de Saint-Quentin (6 F7)