- Élève turbulent, il entre après ses études à
la mairie de Laon aux côtés de son père,
secrétaire de mairie. Il n'y fera pas long feu.
Le poste ne lui convient pas, il abandonne. Il se
rend à Paris où il fait la connaissance
d'écrivains célèbres dont Arsène Houssaye de
Bruyères et Montbérault qui l'engage à
"L'Artiste". Houssaye en est directeur.
Jules-François-Félix Husson prend alors le
pseudonyme de Champfleury.
- Entre-temps, son père est remercié par la
ville, il rachète l'imprimerie du "Journal
de l'Aisne" dont le frère de Jules, né le
7 septembre 1815, historien, sera le directeur
entre 1840 et 1862, connu pour ses travaux sur le
département de l'Aisne dont sa collection de
gravures, d'estampes et de photographies
déposée à la Bibliothèque Nationale de France
- Jules aurait tenté l'expérience de travailler
dans l'entreprise familiale mais la vie de
bohème sur Paris et sa chambre mansardée proche
de ses amis écrivains, lui manquent.
- En 1848, Victor Hugo le remarque, Champfleury
entre à "L'Événement" où il pose
ses valises durant plus d'une décennie. Il
publie ses oeuvres dont les plus remarquées
"Les Excentriques", "Les Bourgeois
de Molinchart" - 1855, "Les amis de la
Nature", Confessions du Sylvius : "La
Bohème amoureuse" - 1857, "les
Trouvailles de M. Bretondel" - 1889.
- Champion du réalisme, il sera de tous les
combats pour défendre la cause d'un art
révolutionnaire. Époux de la fille d'Eugène
Delacroix [1798-1863] auteur de cette célèbre
peinture "La liberté guidant le
peuple" qui illustrera le billet de banque
de cent francs, Champfleury est attiré par la
critique littéraire. Il fonde la revue "Le
Réalisme". Il est l'ami de Baudelaire. Il
défendra Gustave Courbet [1819-1877], peintre
réaliste de scènes journalières
avant-gardistes. Il fera connaître les Frères
Le Nain, natifs de Bourguignon-sous-Montbavin.
- En 1872, s'étant fait remarquer pour ses goûts
artistiques, Champfleury est nommé conservateur
du Musée de la céramique et administrateur de
la Manufacture de Sèvres dont il dirigea d'une
main de maître les destinées jusqu'à ce que la
mort l'emporte en 1889, à l'âge de 68 ans.
Quant à son frère Edouard, il disparaissait le
4 juillet 1883.
- Bien qu'acerbe envers les laonnois, Champfleury
demeura attaché à sa terre natale. Une ruelle,
entre la rue Vinchon où il serait né, et le
rempart Guillaume de Harcigny porte le nom
Champfleury.
Fiche : J.BILLARD
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