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Paul Gaston Valentin DETRAIGNE |
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Inventeur |
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L’ÉCHANTILLONNEUSE
AUTOMATIQUE Système G.DÉTRAIGNE Sur
la base d’une information fortuite de Christian Boussin -mon cousin-,
dépositaire des photos et souvenirs de sa mère, j’ai découvert que
notre arrière grand-père, Paul, Gaston, Valentin DÉTRAIGNE s’était vu
décerner en 1898 par Avant
de poursuivre cette évocation, il convient de préciser que le «berceau» des
DÉTRAIGNE - en l’occurrence BERLISE dans l’Aisne - fut un
«centre» impliqué dans l’industrie lainière. Que dire par ailleurs de
REIMS, ville phare dans ce domaine et dans le textile jusqu’au-delà de
la 1ère Guerre Mondiale ! La suite, progressivement fut moins
brillante, les pays émergeants et ses satellites proches ou Européens, se
chargeant de « cannibaliser » cette industrie et rendre ainsi
celle-ci de plus en plus exsangue ! Reims évidemment n’échappa pas à ce
« tsunami » mondial ! Mais revenons à notre illustre inventeur
que fut Gaston DÉTRAIGNE (ce fut ce prénom qu’il privilégia). Fort
le l’existence de ce « Diplôme », j’ai commencé à
« jeter des bouteilles à la mer »…afin de découvrir la nature
exacte de l’invention. Assez
rapidement - je dois dire -, grâce la C.C.I. de Chalons en Champagne et les
conseils avisés d’Anne-Sophie Leboucher qui
m’aiguilla sur l’A.R.I.S.T. - Madame
Odile Poncelet fut en mesure de mettre à ma disposition la version «anglaise»
datée du 26 Avril 1897 du Brevet N° Ne
pouvant me contenter de cette version qui m’était totalement
« imperméable »,je «remis le couvert» auprès de Madame Odile
PONCELET - particulièrement
coopératrice - espérant qu’elle serait en mesure de découvrir la
version française ! Ce
ne fut apparemment pas très simple mais le 13 Mars 2008, je recevais un mail
de cette dernière accompagné du précieux document récupéré auprès de l’I.N.P.I. de Nancy… ! La
boucle était bouclée ! Le
document descriptif écrit de la main de Gaston DÉTRAIGNE, accompagnait
les formulaires administratifs enregistrant le dépôt du Brevet le 22 Octobre
1896 à 16 heures (pour une durée de 15 ans) en la Préfecture de Sur
le premier des documents précités figure dans la rubrique
« Mutation » la date du 18 Décembre 1899 suite à
l’adjudication du 11 Décembre prononcée en faveur de Rohart. Il faut
rappeler que Paul, Gaston, Valentin était décédé le 29 Novembre 1898. Arrivons
à présent à la définition et aux usages de cette machine qui fut qualifiée
« d’Échantillonneuse Automatique Système DÉTRAIGNE ». Il
s’agissait d’une machine (à) couteau pointeur, à presseurs et refouleurs automatiques (dotée) de chariots mouvants par
« encliquetage ». Sa vocation était de découper de manière
économique, tissus, cartons, cuirs…mais à ce stade de mes commentaires
je préfère laisser le soin aux Établissements Rohart 30 rue Chabaud adjudicataire du procédé (voir ci-dessus) de
présenter ce qui était devenu « leur bébé ». En fait ce sont les
propos des « rapporteurs » MM Martin et Sacy
dont je vais faire » in extenso » état. « Cette
découpeuse est appelée à rendre de grands services, non seulement à
l’échantillonnage des tissus, mais au découpage des articles de
confections, des feutres, des papiers de fantaisie, etc. De la préparation des
Cartes d’Échantillons Les
Maisons de Tissus sont dans l’obligation de mettre entre les mains de
leurs voyageurs ou agents des collections d’échantillons de plus en
plus importantes par suite du déceloppement
multiple des genres Nouveautés. Ces collections sont très couteuse,
elles exigent un personnel nombreux pour leur préparation et leur
transformation à chaque fin de saison. L’Échantillonneuse
Automatique Détraigne
Pour
que la coupe se fasse facilement et pour obtenir des sections bien nettes, à
chaque mouvement du couteau, le tissu se trouve comprimé très fortement par
un plateau métallique entourant ce couteau et maintenu par quatre ressorts
spirales de force déterminée. La tranche de chaque échantillon n’est
pas rectiligne mais ondulée. Après chaque coupe, quand le couteau remonte, la
table mobile qui supporte les échantillons avance automatiquement de la quantité
nécessaire pour permettre une nouvelle section, le cranté de celle-ci venant
se confondre avec celui de Des Formes
d’Échantillons On
peut adapter des couteaux rectangulaires, triangulaires ou dont la section
soit un polygone régulier de n’importe quel nombre de côtés. Pour le
découpage des grands échantillons, des types, on utilise une grande lame
simple ondulée. Le
plateau presseur et cette lame pouvant faire une rotation complète autour de
leur axe, sur lequel il est gradué une division en degrés, on obtient, en
faisant varier leur position, toutes les coupes de biais voulues avec la plus
grande régularité. Chaque machine peut avoir plusieurs jeux de couteaux. Le
montage et le démontage se font très facilement. De l’entretien À
part le graissage, il n’y a aucune dépense d’entretien. Les
couteaux seuls sont à aiguiser, suivant le service fait, mais au plus une
fois tous les trois mois. La machine, bien étudiée et solidement construite
résiste aux efforts de coupe les plus violents. AVANTAGES de l’ÉCHANTILLONNEUSE DÉTRAIGNE « Par
rapport aux anciens systèmes employés on peut respectivement mettre en
évidence : -
Rapidité extraordinaire de découpage -
Grande économie de main
d’œuvre -
Facilité de préparation des références
pressées « Le cranté du
découpage équivaut à une couture qui empêche les échantillons, même après un
grand service, de jamais s’effiler » L’étoffe
n’étant plus tenue en mains conserve toute la fraîcheur et le fini de
l’apprêt Pas de perte de tissu au
découpage : Les
crans des séries d’échantillons voisines viennent par suite d’une
disposition toute ingénieuse et d’un taillage particulier des couteaux,
se présenter les pleins des premières séries dans les vides des secondes,
dans le sens de la longueur et dans
celui de la largeur L’ondulation des
tranches de chaque échantillon donne aux collections collées un cachet tout
spécial de coquetterie et de soigneusement préparé : Une
collection bien présentée a toujours l’avantage de plaire au client et
favorise souvent les achats. » Voici
ce que l’on pouvait lire concernant cette innovation dont
malheureusement notre arrière grand-père, pas plus que son épouse Victorine
DIMBERTON ne tirèrent profit ! Le
dernier élément d’information dont il convient de faire état est la
référence formulée par MM AMOUROUX et MILTAT, négociants en tissus à Reims,
qui se prévalaient de n’utiliser que l’échantillonneuse
automatique Détraigne pour leurs collections. Avant
de clore ce chapitre et d’évoquer la brève existence de ce brillant
aïeul que fut le père de ma grand-mère Isabelle, j’ai désiré lui rendre
un dernier hommage en incluant la dernière page manuscrite du descriptif de
son invention, celle où il résume tout l’intérêt que celle-ci va
apporter - à la fin du 19° siècle - au
monde lié à la mise en valeur et à la présentation des étoffes, en un mot à
la mode ! Ce feuillet me permet également d’authentifier et de
dater ce qui fut à la fois son « chef d’œuvre » mais
également - peu après – son
« chant du cygne »… !
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Daniel Boussin |