Philippe Joseph MENNESSON

Homme de loi

Philippe Joseph MENNESSON, né à NEUFCHATEL SUR AISNE le 9 novembre 1767, y a été notaire du 23 floréal an IV (12 mai 1796) au 6 avril 1808 date à laquelle, atteint d’une maladie dont il mourut le 29 juillet suivant, il céda son office à son frère consanguin Jean Nicolas MENNESSON.

Il s’était préparé assidûment à l’exercice de cette profession par un très long stage. Les certificats par lui produit à l’appui de sa demande de nomination à la place de son père, Jean Antoine MENNESSON, établissent en effet, qu’il avait été clerc de notaire chez ce dernier du 8 novembre 1783 au 8 novembre 1787. Puis clerc de procureur à PARIS du 22 novembre 1787 au 3 février 1789 chez maitre CHARPENTIER[1], procureur au Châtelet et du 3 février 1789 au 16 juin 1791 chez maitre GAILLARD de la FERRIERE, ancien procureur au Châtelet, avoué près les tribunaux du district de la Seine, et ensuite clerc à nouveau chez son père, du 20 juin 1791 jusqu’à la date de sa nomination en remplacement de celui-ci, - sauf une interruption d’un peu plus d’une année dont la majeure partie avait été consacré à l’exercice des fonctions d’agent national au district de LAON, mentionné plus bas.

Ce séjour à PARIS avait du être d’autant plus fructueux pour le développement des connaissances juridiques de Philippe Joseph MENNESSON, que son père, soucieux de le préserver conte les entrainements de la jeunesse, avait veillé à ce qu’il habitât toujours sous le toit de son patron. Les certificats des deux procureurs susnommés constatent cette communauté de domicile.

Philippe Joseph MENNESSON épousa en 1798 la fille de Charles Philbert REGNAULT, ancien marchand drapier à LAON, alors retiré à CHAILLEVOIS (02).

Pourvu d’une instruction solide acquise à LAON, dans un collège dirigé par des jésuites et couronnée en philosophie par le prix d’honneur, REGNAULT, après avoir été attaché pendant quelques années au collège des Quatre Nations à PARIS, n’avait pas cessé de cultiver les lettres avec autant de goût que de profit intellectuel au cours de sa carrière commerciale. Il avait été président, à diverses reprises, du Conseil Général Permanent de l’Aisne aux heures périlleuses où l’on avait sujet de craindre que ce département ne fut envahi par des troupes ennemies au service de l’une des puissances étrangères qui poursuivaient vainement la restauration de la monarchie en France. Il avait eu alors pour collègue, au sein de cette assemblée Philippe Joseph MENNESSON qui se montra l’un des agents les plus zélés et les plus énergiques pour organiser la défense nationale sous le rapport du concours dû par l’autorité civile, et notamment pour assurer le ravitaillement de nos troupes.

POTTOFEUX, dont le nom est inséparable du souvenir de cette organisation ayant été arrêté sur ordre du Comité de Sureté Générale, ses anciens collègues dudit Conseil Général Permanent, allèrent déposer devant le tribunal Révolutionnaire de Paris pour justifier ce patriote qui fût acquitté. Parmi eux figurait Philippe Joseph MENNESSON ; il fût même l’un des premiers à prendre son passeport pour PARIS en vue de remplir ce devoir ainsi qu’il est établi dans la remarquable étude intitulée « POTTOFEUX, procureur général syndic du département de l’Aisne », publié en 1880 par M. A. MATTON, archiviste du département de l’Aisne. [2]

Philippe Joseph MENNESSON employa aussi son activité cérébrale à une défense ardente des institutions issues de la révolution. Par décision du 19 avril 1793 du Conseil Permanent du district de LAON il avait été, de fait, adjoint à son père qui, - sous le titre de commissaire, administrait le canton de NEUFCHATEL, ou plutôt prenait une large part à l’administration de ce canton ; puis un arrêté du directoire exécutif du 22 brumaire an IV (13 décembre 1795), à lui transmis le jour même par le Ministre de l’Intérieur, l’avait investi des fonctions de commissaire de ce directoire près l’administration municipale dudit canton.

Une même foi et un égal patriotisme joints à une estime réciproque avait uni Charles Philbert REGNAULT et Philippe Joseph MENNESSON par une profonde affection et préparé l’alliance de 1798.

Les occupations professionnelles de ce dernier lui laissait des loisirs, il en employa une partie à occuper ses fonctions de commissaire pendant plusieurs années et à remplir celles de maire de NEUFCHATEL de mai 1807 jusqu’à son décès. Il avait été nommé maire par deux arrêtés préfectoraux du 4 mai 1807 et du 15 décembre suivant.

Dans les dernières années de sa vie, - de fin 1802 au commencement de 1808, il se livra, tout en restant à la tête de son office à de très heureuses spéculations sur des biens immeubles.

Il était âgé seulement de 40 ans lorsqu’il mourut à NEUFCHATEL à la survivance de sa femme et de 4 enfants dont l’ainé n’avait pas 9 ans.

Bien que les portes fussent alors, depuis plusieurs années réouvertes aux fidèles, il n’avait pas jugé convenable de faire baptiser aucun de ses enfants ; le baptême eut lieu pour tous à NEUFCHATEL le 30 mars 1809 à la vive satisfaction de sa veuve qui avait, - à toutes époques, - gardés intactes, au fond de son âme, les croyances catholiques par elle puisées dans l’éducation paternelle et maternelle.

La veuve de Philippe Joseph MENNESSON, retirée à LAON, son pays natal y est décédé à l’âge de 90 ans le 26 mai 1869, veuve en 2e noces de Jean Auguste OYON

 


Eric Maille

 



[1] Eric Maille : Le fils d’Yves MORIN, charpentier au château de VERSAILLES et chef de file d’une autre branche de notre ascendance, est cité comme procureur au châtelet en 1789. Il est donc très probable, que Philippe Joseph MENNESSON et lui se connaissaient.

[2] Voir page 281 du tome 3 de la 4e série des « Mémoires de la Société Académique de Saint Quentin »