César SAVART

Industriel, fabriquant de chaussures

par J.BILLARD

  • César SAVART, cinquième enfant de parents modestes est né le 5 juin 1824 de Jean-Baptiste Savart, bûcheron et charbonnier en forêt et de Rosalie Picard demeurant au lieudit "La Bovette" à Saint-Michel.
  • Il décède le 27 avril 1907 à Saint-Michel dans sa demeure qui jouxte l'abbaye.
  • Après un départ chaotique dans la vie, il devient par son courage, sa ténacité, sa clairvoyance, un industriel reconnu dans la fabrication de chaussures tant à Paris qu'à Saint Michel.  
  • En 1856, Savart envoie des ouvriers qualifiés de Paris pour enseigner aux Saint-Michellois la fabrication de chaussures. Chaque semaine, il expédie des pièces préformées qui sont assemblées par des ouvriers à domicile.  
  • En 1857, il fonde une caisse d'économie et de prévoyance pour l'ensemble de ses ouvriers.  
  • En 1865, il crée une entreprise à Saint-Michel, la "Société de cordonnerie" dans l'ancien monastère de l'abbaye resté vacant en lieu et place de la filature qui, faute d'approvisionnement en coton, suite à la guerre de Sécession, ferme ses portes.  
  • En 1866, César Savart, dans un bâtiment de l'abbatial, il ouvre un orphelinat de jeunes filles dirigé par les soeurs Saint Vincent de Paul.  
  • En 1867, sa réussite lui ouvre les portes de la société bourgeoise, industrielle et commerciale. Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.  
  • En 1868, il est reçu par Napoléon III au château de Saint-Cloud. Le couple Savart assiste aux fêtes données par l'Empereur, aux Tuileries.  
  • En 1869, Savart se présente aux élections législatives à Paris, face à Thiers, Gambetta, Jules Ferry. Il n'obtient que 5000 voix, il renonce à la politique.  
  • Au cours de la guerre de 1870-1871, la fourniture de chaussures à la Garde Nationale, sert sa fortune et sa cause.  
  • Le couple aura un fils, Arthur. Les Savart, trop accaparés par les affaires et les mondanités, n'offriront pas à leur fils unique une vie de famille. Pour compenser l'affection qui lui manque, son entourage le gâte... On le fait voyager. Quand il en a l'âge, on le marie. Mais sa santé est compromise. Pour le soigner, on lui achète une villa à San Remo. Arthur y meurt le 29 janvier 1881 à ses 30 ans. Sa dépouille est ramenée à Saint-Michel. Il reposera dans le mausolée que son père a fait construire, inauguré le 9 août 1882.  
  • 8 juin 1890, rongée par le chagrin, Félicité Savart, épouse et mère, meurt. Elle repose dans le mausolée.   César Savart a 66 ans, c'est un homme brisé par ces tragiques épreuves. Il se défait de ses luxueuses propriétés, de ses installations industrielles et commerciales de Paris. Il se retire à Saint-Michel, sa terre natale. César atteint de paralysie, s'exprimant avec difficulté passe ses journées sur une chaise roulante pour des promenades dans les jardins de l'abbaye, en forêt ou dans les ateliers, emmené par des mains bienveillantes, celles de sa gouvernante ou des soeurs Saint Vincent de Paul.   César Savart s'éteint le 27 avril 1907 dans sa 83ème année. Ses obsèques seront somptueuses. Il sera conduit au cimetière communal pour reposer auprès de son épouse et de son fils dans ce qu'il avait fait édifier.  
  • Fin d'une époque : 1er septembre 1967, l'orphelinat, créé en 1895, ferme ses portes. La fabrique de chaussures arrête ses activités en 1951.  

Le mausolée de la famille SAVART

L'abbaye

De gauche à droite: l'église, l'orphelinat et la demeure de César Savart

Sources : Roger VILAIN, Ecrivain local - Bernard VASSEUR, "Saint-Michel Mémoire" Ed. 2001.

Texte et Photos : Jacky Billard

Liens: : www.abbaye-saintmichel.com