Faty

 

 

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Jean Louis, fils de Jean Louis LAMBORION, papetier à Voulpaix et Marie Thérèse DUSSANCOURT, épousa le 25 octobre 1777, à l’âge de 24 ans et demi, Marie Rose, fille de Nicolas JOLY, garçon papetier chez son père, ; il établit une papeterie de trois pots ou douze maillets sur l’emplacement du moulin à huile. L’un de ses ouvrier, Alexis VERDUN, se maria le 17 juin 1778. L’acte, indiquant LAMBORION comme témoin, ajouta : son ami. Cette circonstance dont se flatta orgueilleusement l’ouvrier favorisé, lui valut le surnom de mon ami que sa postérité conserve encore

Jean Baptiste DERUELLE, Nicolas Joseph HENNEQUIN et François Théodore COMPAIN travaillèrent aussi en qualité d’ouvriers de Lamborion. Les ferloquetiers procuraient à celui-ci les chiffons recueillis dans un rayon de cinq myriamètres. Ils  servaient à fabriquer annuellement 500 rames de papier blanc et 700 rames de papier gris que les colporteurs débitaient facilement dans les villages. En 1786, Lamborion fabriqua environ 1000 rames de papier gris et seulement 100 rames de papier blanc. En 1794, l’usine n’occupait qu’une seule cuve et quatre ouvriers, confectionnant environ 7.500 kilos de papiers.

En 1807, la papeterie vendait 500 rames de papier blanc et 700 rames de papier gris.

Jean Louis Théodore LAMBORION reprit l’exploitation de son père en épousant, au mois de mars 1811, Véronique Victoire Lefèvre ; ses frères et sœurs et Jean Louis Lamborion (mort à Faty le 15 avril 1813) l’aidèrent à la confection des papiers. Le nombre des ouvriers fut élevé à dix l’année suivante. Chacun d’eux recevait 1 franc 25 centimes par jour. Ils pouvaient fabriquer 1.200 rames de papier de diverses sortes valant 7.200 francs. Il fallait, pour cela, 11.000 kilos de chiffons ; 1.200 kilos de colle ; 100 kilos de bleu de prusse ; 120 kilos d’alun et 12 kilos de vitriol. La valeur de la rame des papiers variait suivant les sortes.

On vendait le grand-raisin azuré 16 francs ; la grande cloche d’impression, 8 francs 50 ; le carré d’impression , 8 francs ; le carré bleu et la grande cloche bulle, 7 francs ; le griffon, 6 francs et enfin le raisin 6 francs et plus.

En 1815, 3.744 kilos de drilles blanches et 8.984 kilos de drilles grises produisirent 208 rames de papier blanc et 832 rames de papier gris livrés au colportage.

De 1820 à 1842, la papeterie travailla annuellement près de 200jours. Le labeur quotidien, favorisé par l’addition de quatre maillets aux anciens, obtint 9 à 10 rames.

Le papier blanc de diverses sortes n’était fabriqué qu’en faible quantité et pendant l’hiver, pour répondre aux exigences de la clientèle qui ne s’étendait guère hors de l’arrondissement de Vervins. Le papier gris était obtenu dans les autres saisons, ainsi que ceux d’emballage. Les chiffons, amenés chaque semaine, étaient achetés en moyenne 10 francs les 100 kilos. On les utilisait habilement avec les rognures de papier que l’on se procurait, en faible quantité, chez les libraires et les relieurs.

LAMBORION mourut le 7 octobre 1835 ; sa veuve continua l’exploitation qui finit avec elle, le 2 février 1842. La papeterie a été détruite en 1844. Le cours d’eau qui la faisait mouvoir, sert maintenant à l’alimentation d’un moulin à blé qui était dirigé simultanément avec la papeterie

 

 

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