Voulpaix

 

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L’origine de la fabrication du papier à Voulpaix remonterait au milieu du 18ème siècle, mais elle est au moins antérieure d’un siècle.

Claude Roger de Comminges reloua, le 16 octobre 1649 à Gobert LALOUX et à sa femme, le moulin à papier de Voulpaix avec le cours d’eau, 30 verges d’héritage, pour une durée de trois années qui devaient commencer le 25 décembre suivant, après l’achèvement des travaux, par le bailleur, qui devait tout disposer pour une bonne fabrication. Le  loyer annuel était d’une rame de papier et de 50 livres en argent pendant la guerre et de 60 livres lors de la paix. Le preneur s’obligeait à entretenir l’usine de bonnes réparations, après qu’elle aurait été mise en état.

Gobert LALOUX, faiseur de papiers, s’entendit à Vervins, le 24 février 1661, avec Claude DELAMER, sous-fermier de Pierre Delaporte, bourgeois de Paris, commis à la perception des droits et contrôles des bières et papeteries de l’élection de Laon. Il s’engagea à lui payer annuellement, en quatre termes, la somme de 25 livres, sous la condition qu’il pourrait façonner et vendre tous les papiers qu’il pouvait faire ; et finalement lui permit de payer par semestre, sous la garantie de sa femme Marie Delavesnes.

Celle-ci mourut le 8 novembre 1675 à l’age de 48 ans. Son mari  qui avait cinq ans plus qu’elle, lui survécut jusqu’au 22 avril 1677.

Leur fils Antoine reprit la papeterie avec sa femme, Huberte Voippe, qu’il perdit le 4 avril 1690. Il en avait alors cinq enfants : Gobert 19 ans, émancipé, Antoine 12 ans, Pierre 8 ans, Marie 3 ans et enfin Jeanne, qu’il promit de nourrir et d’entretenir annuellement moyennant des prix qui varièrent de 6 à 36 livres selon l’âge des enfants et les secours à espérer d’eux pour l’avantage de l’usine.

Celle-ci était dans des situations précaire. Le notaire rédacteur de l’inventaire estimait les ustensiles servant au « mestier de paplotier », 50 livres avec un chaudron d’airain for supporté, et 3.487 livres de drapeaux disposés pour la mise en œuvre, 137 livres.

Antoine LALOUX épousa la même année Anne HUBERT et mourut vers la fin de l’année 1693. Il fallut, pour subvenir à la subsistance de ses enfants du premier lit, vendre, moyennant 44 livres, trois quartels de terre (25 ares 31 centiares 985), en janvier 1694. Le 14 juin suivant, le conseil de famille conféra la tutelle d’Antoine, Pierre et Marie, enfants du premier lit à Nicolas Laloux qui fut aussi le curateur de Marie, issue du second  mariage.

Une expertise faite le 20 septembre 1694 par Charles Penant, maître maçon, Henri de la Salle maître charpentier et Pierre Boutillier, maître couvreur à Vervins, constata l’urgence de placer au moulin à papier, une autre ventellerie, un arbre tournant, une roue et un bloc. Le bâtiment consistait en une très mauvaise carcasse de bois blanc qui soutenait des murs construits avec du foin  de médiocre qualité et d’argile battue et mélangée. Il fallait, pour en éviter l’écroulement, mettre une sole de 12 pieds de long et de 8 à 9 pouces d’épaisseur.

Il est probable que Jean Louis comte de Joyeuse, seigneur châtelain de Voulpaix, fit faire ces travaux, mais rien n’en offre la certitude. On ignore même le nom du papetier qui faisait mouvoir l’usine, si toutefois elle était encore en activité ; mais il est certain que Jean PAGNIER, meunier à Braye-en-Thierache et Jeanne GIOT, sa femme, traitèrent le 7 octobre 1700 avec le comte. Il leur loua la papeterie avec le cours d’eau et les héritages en dépendant, pour neuf années, qui devaient commencer le jour où ce seigneur l’aurait remise en état à ses frais et rendue logeable. Le loyer annuel fut de 120 livres dont 24 exigibles d’avance. Les preneurs avaient la faculté de faire un deuxième moulin ou battant, à leur frais, sans augmentation de loyer, si l’eau leur paraissait suffisante. Toutes les opérations étaient à leur charge, en utilisant les bois qu’ils pouvaient.

Le 14 février après-midi, les preneurs reconnurent que le bailleur avait satisfait à ses engagements pour la construction ou rétablissement du moulin à papier, maison et autres choses en dépendant, et se réservèrent le droit de reprendre leur chaudière, les cordages, feutres et formes qu’il apporterait.

Le moulin fut reloué pour neuf ans, avec celui du Marlier, aux époux PAGNIER les 14 janvier 1708 et 29 décembre 1709, moyennant un loyer annuel de 850 livres, exigible en quatre termes et un cochon gras. L’usine marchait assez péniblement dès 1716, car il était besoin et nécessaire de mettre un arbre à la roue dudit moulin, « attendu qu’elle est fendue depuis du temps et pourquoi il était nécessaire de rétablir icelle. Comme le comte seigneur  de Joyeuse prétend se décharger de rétablir la roue et soutient que cette réparation est à la charge de Jean Pagnier, meunier du moulin à blé et moulin à papier de Voulpaix, «  parce que cette défectuosité a ésté causée par ledit Pagnier, pour ne point avoir entretenu les menues réparations en temps et lieu » ces allégations étaient probablement exactes, et Jean Pagnier, pour en éviter les conséquences, déclara qu’il entendait rétablir cet arbre « au moulin de la papeterie, à ses frais et dépens »

Jean PAGNIER mourut le 12 août 1717 à l’âge de 67 ans, laissant une assez nombreuse progéniture : Jean Louis et Cécile mineurs au-dessous de 15 ans, Jean, Marie Anne, M.Madeleine, Françoise femme de Nicolas de Raineville, papetier à la Tortue, et Elisabeth, femme de Jean Godart laboureur à Voulpaix. Ces deux derniers figurèrent, le 7 octobre suivant, avec Antoine Pagnier, papetier à Rabouzy, à l’assemblée de famille qui conféra la tutelle à la veuve, et nomma Jean Godart comme subrogé-tuteur.

Jean Pagnier, d’après l’inventaire fait le 2 janvier 1720, devait 300 livres à Antoine Pagnier, papetier à Rabouzy, pour une meule, 120 livres à Pierre Loubry, marchand à Vervins. La communauté était obligée de dépenser « 521 livres 10 s. pour réfections qui se sont trouvées à faire du moulin à blé et pappiloterye »

Le papier confectionné était évalué à 345 livres, enfin l’actif atteignait 4545 livres 15 s. et le passif 1200 livres 10 s. seulement.

Françoise GIOT, veuve de Jean Pagnier, obtint un nouveau bail de neuf ans, le 25 mai 1719, moyennant un loyer annuel de 1200 livres, exigible en deux termes : 2 août et 14 février. Elle devait fournir au moulin à blé, une meule de 9 à 10 pouces d’épaisseur. Son fils Jean-Louis, qui l’aidait beaucoup, fut émancipé le 24 août 1727, à l’âge de 17 ans. Ses filles s’étaient mariées. Etienne Paul Hennequin, époux de l’une d’elles concourut à l’acte. La situation s’assombrissait, Françoise Giot ne put payer le 12 août de l’année suivante les 600 livres de fermages ; les rentrées ne s’étaient pas effectuées selon ses prévisions et le fermier du marquisat de Vervins devenait très exigeant.

Le 13 février 1729, Anne Ferdinande de Joyeuse de Grandpré, dame de Voulpaix et de Rozet Saint Albin, afferma les moulins à de plus dures conditions. Elle se fit donner un pot de vin de 300 livres, puis exigea un fermage de 1200 livres payable en deux termes : 2 août et 25 février, deux rames de papier, l’une à lettre, l’autre commune et enfin n’oublia point le cochon gras stipulé dans les baux antérieurs. Elle voulut que la fermière, chargée de toutes les réparations, fasse mettre au moulin une meule de dix pouces d’épaisseur et curer la fontaine de la papeterie, ses fossés et étangs. Elle lui abandonnait cependant la jouissance de neuf jalois et demi de pré et d’un jalois de terre.

La bailleresse fit saisir pour deux années de fermages les 28 et 29 décembre de la même année ; le juge condamna la papetière le 13 janvier 1730. Les gendres de cette dernière, présumant qu’une semblable attitude n’amènerait rien de bon, prirent leurs mesures : Etienne Paul HENNEQUIN, en se faisant recevoir le 10 mai 1731, sergent et garde-vente des bois, pour donner quelque satisfaction à la dame exigeante ; Pierre CARON, maître d’école à Gercy, en obtenant le 7 juin 1731, une sentence de garantie pour les 300 livres qui constituaient la dot de sa femme Cécile.

Hennequin était le plus actif de ses gendres, elle lui céda son bail le 23 janvier 1736 en retour d’engagement formel de payer ses dettes qui s’élevaient à 1718 livres dont 1300 au seigneur de Vervins. L’estimation des ustensiles du moulin à papier s’élevait à 700 livres. Hennequin dirigea les deux usines, aidée par Marie Madeleine sa femme et par sa belle-sœur Marie Anne, déjà veuve de Pierre Desons.

Le bail, expiré le 15 février 1738, ne fut pas renouvelé, suite au retard apporté au paiement des fermages de 1738 et de1739 échus à la chandeleur. Hennequin se retrouva devant la justice de Voulpaix ; il prétendit que le retard provenait de ce que le papier, prêt au collage, n’avait pu être façonné et débité à cause de l’intempérie de la saison, mais le juge le condamna.

Ses effets mobiliers furent saisis le 5 février 1743 pour d’autres fermages, Etienne Hennequin criblé de dettes tomba malade dans l’auberge de Bourbier à Marle et y finit ses jours le 6 février 1744, il était né à Voulpaix le 23 juin 1700 de Pierre Hennequin et Jeanne Paris.

Dès le lendemain de l’enterrement, ils dépêchèrent à la veuve un sergent qui saisit mobilier et matériel en vertu d’une sentence du 9 février 1744, portant condamnation au paiement de 600 livres. Son beau frère, Pierre Hennequin, lui servit de commissaire à saisie et disposa de 219 rames moins quatre mains, de trois rames de papier cassé, de dix rames de papier blanc, de quarante rames de gris, puis avança 61 livres aux ouvriers de la papeterie, à la servante et aux voituriers. Grâce à ces mesures, la fabrication du papier prit, malgré d’incessantes entraves, une assez grande activité.

Nicolas Delaby, ouvrier papetier à Rabouzy, donna de son côté l’estimation du matériel qui constituait, avec une petite chaumière de quatre places habitables, cour et 46 verges (19 ares 74 centiares 90 m) d’héritage, le patrimoine du défunt, insuffisant pour apaiser les créanciers. Il est présumable que la veuve s’en tint à son contrat de mariage du 5 novembre 1724 pour éviter la mendicité.

La veuve Hennequin obtint, le 28 septembre 1748, un nouveau bail de neuf ans de la papeterie, de trois quartels du pré dit de l’étendoir (51 ares 49 centiares 800), et de trois pugnets (65 ares 55 centiares 490) de jardin potager, moyennant un loyer annuel de 300 livres, qui fut augmenté d’un tiers le 19 décembre 1756. Elle laissa de côté les farines et n’utilisa que le chiffon, dont elle tirait sans doute meilleur profit, en pourvoyant toutefois à l’entretien resté à sa charge des digues et du cours d’eau du ruisseau et de la fontaine.

Le mariage de son principal ouvrier, Jean-Louis, fils de Jean LAMBORION, ex-maître papetier à la Tortue et à Gercy, et de Françoise PAGNIER sa sœur, avec Marie-Thérèse, fille de Nicolas DUSSANCOURT, décédé, laboureur à Voulpaix, et de madeleine LHERMINIER, fait par contrat du 11 février 1748, avait peut-être contribué à lui faire renouveler son bail.

Par celui du 19 décembre 1756, le seigneur de Vervins se réserva deux rames de papier précédemment stipulé, et promit de faire construire un « fournil » et de réparer la vieille maison contiguë à la papeterie qui servait de dépôt de marchandises. Cette construction devait être terminée au mois de mars 1759 ; d’autres étaient aussi indispensables : les deux séchoirs, les deux arbres tournants, les roues et les poutres menaçaient ruine. Jacques Ducrot, arpenteur au Petit-Bois-Saint Denis, François Dantier, maître charpentier à Fontaine et Georges Daniel maître maçon à la Rouillie, experts nommés le 5 novembre 1755 par le bailliage de Marle, à la requête du seigneur de Vervins, reconnurent le 2 janvier suivant la nécessité de les remplacer, mais il y a lieu de croire que les réparations furent ajournées.

La veuve Hennequin mourut le 9 décembre 1751. Les scellés furent apposés le même jour pour sauvegarder les  intérêts de ses neveux et nièces.

Jean-Louis Lamborion, maître de cuve très actif, fut chargé de diriger la papeterie dans l’intérêt commun «  à la charge de rendre compte des matières qu’il emploiera, des papiers produits et vendus, de l’argent qu’il recevra, de celui qu’il dépensera pour la nourriture des ouvriers ordinaires et pour l’usine »

Les matières premières donnèrent 60 rames de papier. Lamborion en vendit 40 rames de blanc à Jean Vilomé et 8 rames de gris pour un total de 8 livres ; d’autres papiers de différentes sortes  servirent à entretenir les frais de la maison et à faire vivre les ouvriers. Les scellés levés et Lamborion chargé de la garde (24 décembre 1761) on rédigea l’inventaire.

Jean-Louis LAMBORION avait reçu de Nicolas Vrayer, maître charpentier à la Tortue, une somme de 515 livres par représentation de Marie Françoise Pagnier, sa mère, femme et héritière de Nicolas de Rainevillé, qui avait été papetier à la même usine. Sa femme lui avait apporté en dot la jouissance, estimée cent livres, d’une maison et d’un quartel de jardin(16 ares 16 centiares 600) sis près de l’église de Voulpaix. Ces faibles ressources lui permirent de reprendre, avec quelque succès, la papeterie cédée par ses co-héritiers le 23 décembre 1761, moyennant 825 livres, sous l’expresse condition de payer les dettes «  et pour éviter la vente à perte » des papiers inachevés, des matières premières et des loques.

Lamborion était très économe. Il obtint le 15 décembre 1765 un bail pour lui et pour sa femme Marie Thérèse Dussancourt, moyennant un fermage annuel de 450 livres et de deux rames de papier. Marie Thérèse Dussancourt mourut en 1769, il en avait une fille, Marguerite Thérèse âgée de 27 mois et demi, et deux fils : Nicolas 4 ans et demi et Jean Louis qui avait 17 ans et 3 mois. Ce dernier fils fort raisonnable, utilisait admirablement son temps, motif puissant pour solliciter l’année suivante, des lettres de bénéfice d’âge, indispensables à la libre administration et à la disposition des meubles et effets mobiliers ; elles furent obtenues de la chancellerie le 2 mars 1773.

Lamborion père resta le tuteur de ses autres enfants, sous le contrôle d’Antoine Laloux, mais comme de nombreuses occupations l’empêchait de leur donner tous ses soins, il épousa Marie Anne POULAIN, veuve de Nicolas JOLY, laboureur à Voulpaix, par contrat du 4 juillet 1770 de Me Solon notaire à Vervins.

Les nouveaux époux obtinrent le 24 octobre 1773, un nouveau bail qui devait commencer le ler juillet 1775, moyennant un fermage de 450 livres, exigibles le 1er juillet en un seul terme ; les bailleurs s’engageaient « à remettre en suffisant état les bâtiments, ponts et digues, vannes, rayères et généralement tout ce qui en dépend et en forme la méchanique, l’usage et l’habitation, à l’exception du vieil étendoir qui est trop défectueux et qu’il en a été construit un autre » Visite sera faite au frais des bailleurs. L’usine avait besoin de réparations, mais elles paraissent n’avoir été opérées qu’en l’année 1776 ; François Dantier, charpentier et entrepreneur de bâtiments à Fontaine, chargé le 25 novembre par le bailli de Vervins et de Voulpaix de faire connaître la situation de la papeterie, commença son expertise le lendemain et la termina le 14 mars 1776.

Jean Louis Lamborion eut le tort, vers la fin de ses carrières de maître papetier, d’être trop confiant et de faire de longs crédits aux « ferloquetiers » (chiffonniers) ses intermédiaires pour la vente de ses produits. L’un d’eux, André Dupont, loquetier à Fieulaine lui devait, le 31 mai 1777, une somme de 1552 livres 4s et 3 deniers pour argent prêté et pour marchandises. Dupont s’engagea avec sa femme à payer 50 livres par an jusqu’à parfait paiement, la somme ne fut soldée qu’en 1795.

Jean Louis LAMBORION fils épousa, le 25 octobre 1777, la fille d’un ouvrier papetier de son père, Marie Rose JOLY et alla établir une papeterie à Faty, ce qui détermina probablement Lamborion père à ne pas renouveler son bail. Jean Louis Lamborion père est mort à Voulpaix le 2 août 1803.

L’usine fut affermée pour 9 ans, moyennant 950 livres par an, le 1er janvier 1784 à Célestin Joachim JOVENEAU et à Catherine DARRAS sa femme ; l’entrée en jouissance fut fixée au 1er janvier 1784 pour laisser à François Marie Casimir de Franquetot, marquis de Coigny, seigneur de Vervins, bailleur, le temps de faire mettre tout en état, sous la direction d’Adrien Dubuf son régisseur.

A l’expiration du bail, la fabrication étant favorisée par les représentants du peuple en mission, le district de Vervins loua à Jean Baptiste PRUDHOMME, la papeterie de Voulpaix, le 22 mars 1794, pour 3, 6 ou 9 ans, à dater du 1er juillet suivant, moyennant un loyer annuel de 450 livres. L’usine était réduite à une seule cuve qui occupait de 6 à 9 ouvriers fabriquant annuellement 3.000 livres de papiers, dont la moitié de gris, le surplus de pot, cloche et tontisse.

Le locataire fit faire des bâtiments de « bois palis » couverts de chaume et munit l’usine de presses, cordages, cuve, cric et chaudière, estimés 2.480 livres le 29 janvier 1795. PRUDHOMME, veuf d’Elisabeth LAHAIE, épousa au mois de mars 1795, Marie Catherine Ismérie DUFLOT et acquit le 6 avril suivant, la papeterie moyennant 20.100 livres qu’il paya en assignats fort dépréciés. La vente comprit l’usine avec ses ustensiles, bâtiments, cour, terrain et jardin de 2 jalois, un étendoir de 9 toises 2 pieds de long bâti de bois blanc, couvert de chaume, un corps de logis composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage où se trouvait le moulin, l’appartement, des cuves, le pourrissoir, un étendoir et une usine de 44 pieds de long sur 32 de large, construits en briques et grès avec couvertures, un bâtiment servant de polissoir de même construction portant  19 pieds de long sur15 de large, un second bâtiment séparé servant de fournil et enfin un autre bâtiment construit de bois palis, couvert de chaume, de  11 toises de long sur 9 de large, servant à polir le papier, et aussi les ustensiles tels que chaudières, perches, cordages, cric, pied de chèvre, petite cloche pour appeler les ouvriers etc..

PRUDHOMME fabriqua annuellement 200 à 300 quintaux de papier. La rame de cloche lui produisait 4 francs 60 ; le pot 4 francs 50 ; le gris 1 franc ; le carré 7 francs : le premier et le deuxième pesant 9 livres, le 3ème un tiers de moins et le 4ème 15 livres.

Le 24 janvier 1802, PRUDHOMME vendit sa papeterie qui utilisait 25 maillets, moyennant 5000 francs payés comptant, à Jean Antoine HARDY et à Nicolas Antoine BERTRAND, employé parisien. Celui-ci devint unique propriétaire le 22 janvier 1806 et la loua pour 9 ans, le 21 avril 1808, moyennant une redevance annuelle de 700 francs, exigible en deux termes à dater du premier mai suivant, à Nicolas LAMBORION et Elisabeth LEBON qui y fabriquaient du papier en leur nom selon toute vraisemblance. L’usine n’employait plus que dix ouvriers pouvant annuellement confectionner 1000 rames d’impression de cloche et de gris ainsi que du cartonnage de formes, grandeurs, forces et couleurs diverses destinés aux départements limitrophes, et le tout rapportait à l’usinier, 6.000 francs chaque année.

Nicolas LAMBORION cessa l’exploitation sans indemnité le 5 décembre 1813 en vertu de conventions faites au mois d’août précédent avec BERTRAND. Ce dernier vint exploiter la papeterie, donnant le change à ses projets d’acquérir l’usine de Rabouzy que la mort de Pierre GOSSET laissait vacante.

BERTRAND n’occupa, en 1815, à la papeterie de Voulpaix que 8.316 kilos de drilles dont il obtint 693 rames. Jean Nicolas Joseph DERCHE, négociant à Saint Quentin, acquit le 10 juin 1816, moyennant 6000 francs, cette usine pour la convertir en filature de coton. L’entrée en jouissance devait commencer le 15 juillet suivant.

Alors, Nicolas DUSSART, originaire de Chevennes, acheta le 10 novembre 1817, de Jean Nicolas Latouche, garde-bois, 39 ares 46 centiare de jardin et verger près du bois de la Motte, lieudit le petit plan. Il y amena facilement une source, à l’aide d’un réservoir, à une très petite usine qu’il construisit à la hâte sur fourche, en vertu d’une ordonnance royale du 2 mai 1821, pour confectionner des cartonnages destinés au commerce Saint Quentinois ; puis voulant mettre ordre à des affaires rendues difficiles par la construction de quatre places dont deux affectées  par le crédit, il céda, le 7 avril 1824, d’accord avec sa femme Marie Rose ALLONDRELLE, terrain, bâtiments, meubles et ustensiles à Louis LESCALIER, originaire de Douai, et à sa femme Marie Rose GARONART, moyennant une rente viagère de 300 francs, réductible d’un tiers après sa mort ou celle de sa femme.

Il se retira ensuite à Monthenault et donna le nom de papeterie à un petit moulin qu’il prit à bail, y fabriqua du cartonnage et un peu de papier gris jusqu’à sa mort le 26 octobre 1827.

Louis LESCALIER, aidé par Nicolas Lamborion, devenu simple ouvrier (+ à Romery le 3 octobre 1832) et par Prosper HARDY fils d’un autre maître papetier, fabriqua pendant vingt ans, du cartonnage et du papier gris pour les marchands de Reims et de Saint Quentin. La papeterie n’était guère en activité que 150 jours par an, elle fut vendue le 6 mars 1844 à DOSSUS, tisseur qui la convertit en moulin à blé.

Elle redevint papeterie de 1856 à 1864, époque où Théophile CREPLET l’abandonna pour convertir une filature de laine, établie à 200 mètres de là, en une papeterie mécanique (système Ferdinand Oblipant).Cette dernière, occupa deux ouvriers qui utilisèrent les vieux papiers, les débris de toile d’emballages, la plupart destinés sur commande, aux commerçants de Cambrai et Fourmies (Nord)

 

 

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