Landouzy-la-Cour

 

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Les papeteries de Landouzy-la-Cour seraient tout à fait inconnues si Jean de Lancy, prieur et historien de l’abbaye de Foigny, n’avait eu soin de mentionner leur situation près de la ferme de la Cressonnière, dans son remarquable livre de FOIGNY.

La plus ancienne et la plus importante fut affermée, pour 99 ans, avec trois muids (10hectares 52 ares 55 centiares 920 m2) de terres labourables et de prés, le 17 janvier 1556, par acte de Pasquier Constant, notaire à Vervins, à Richard Morel, moyennant un loyer annuel de 40 livres, un chapon, deux poules, deux livres de cire à la trésorerie, quatre sous au couvent et quatre rames de papier, le tout exigible à la St Martin d’hiver.

La plus faible papeterie a été bâtie, en 1609, sur trois jalois de pré qui dépendaient de l’autre usine, par Pierre Lotinet, époux de Michelle Morel. La construction avait été autorisée par François Denoyer, intendant de Nicolas de Neuville, abbé de Foigny, sur un ruisselet alimenté par un petit étang établi pour ménager l’eau des fontaines de la Cressonnière. Le cours d’eau a été affermé, par acte de Martin Ducrocq, notaire à Hirson, du 30 octobre 1608, moyennant un surcens annuel exigible le 11 novembre, de 40 sous et d’une rame de moyen papier.

Pierre Lotinet loua la plus forte usine à Quentin Mingault qui, peu de temps après donna son désistement au profit de Jean Lotinet , fiancé à Antoinette , fille de Philippe Lutierce, meunier à Landouzy la Cour. Les conventions matrimoniales rédigées le 19 octobre 1618 obligèrent le jeune ménage aux réparations sous la réserve expresse d’indemnité d’impenses et réfections exigibles au décès de Michelle Moret, terme fixé pour la cessation de l’exploitation, afin de ne pas nuire aux frères et sœurs de Lotinet  fils.

Les cédants imposèrent à ces usiniers la charge de payer pour eux annuellement le fermage déjà réduit à 30 livres et  4 rames de papier. L’apport d’Antoinette Lutierce, fixé à 200 livres destinées à faire face aux dites impenses et réfections, devait faire retour pour moitié, à défaut de descendance, aux parents de cette dernière « bien habillée de mesnage et honnestement »

Les jeunes époux mirent les deux papeteries en activité et le 2 juin 1622, Lotinet père donne à l’abbaye de Foigny une déclaration en forme des obligations précèdemment contractées.

Sa femme et lui laissèrent , le 7 février 1626, par acte de Me Capron, notaire à Vervins, à leur fils Jean, moyennant une somme de 250 livres, « leur maison et molin à papier basty de bois et blocquailles » avec quatre jalois de terres labourables et de pré qui en dépendaient et se réservèrent la nue-propriété pour ne point nuire aux autres enfants.

La profession de papetier étant insuffisante pour assurer une honnête aisance, surtout depuis la destruction de l’ancienne papeterie, Lotinet se fit brasseur et laboureur. Il perdit, en 1631, sa femme mère de deux enfants : Françoise et Pierre, dont il fut le tuteur. Son inventaire contient de curieuses estimations : « deux pistollets, 9 livres, 12 sols ; un fourniment avecq trois charges à mettre poudres, 4sols. 9 deniers ; 12 paires de formes, 20 livres ; papier gris , 24 livres ; papier blanc, 12 livres ; vieux drapeaux, 17 livres 12 sols ; ciseaux à rogner le papier, 12 sols 10 deniers ; feutres, 4 livres 16 sols et enfin, un livre intitulé la Coustume du bailliage de Vermandois, 8 sols »

Jean Charles Lequeux, libraire à St QUENTIN , venait d’éditer cette œuvre intéressante de Claude de Lafon à laquelle Lotinet n’avait pas voulu rester étranger.Ce dernier était peut-être le fournisseur de ce libraire établi depuis seize ans dans la capitale du Vermandois.

La succession de Pierre Lotinet fut réglée, les 9 mai 1631 et 14 avril 1633, entre la veuve et ses quatre enfants : Antoinette, veuve de Pierre Lecocq ; Marie, femme d’Ambroise Roger ; Marguerite, femme d’Alexandre Féron ; Jean et Pierre compagnons à marier « Les bâtiments du moulin et usines à papier et l’estendrye bastie de bois « couverte de pailles et les ustensiles servant à iceluy » furent considérés « comme nature de meuble pour n’avoir esté oncques scellés », et Jean tint compte à ses cohéritiers de la part qui leur revenait, en s’obligeant de faire construire, à sa mère, un logement convenable dans la cour rendue commune. Jean promettait de reconstruire « ce moulin ruyné et prest à fondre ». Il devait lui être tenu compte des réparations urgentes et indispensables (5juin 1631). Jean Lotinet reçu 100 livres et fut tenu quitte de toutes réparations de cette papeterie « propre et naissant » de sa mère Michelle Morel qui mourut quelques années après.

« Pierre Lotinet vendit en 1632 et en 1633 les immeubles qu’il possédait à Landouzy-la-Cour, pour aller travailler à la papeterie d’Haudrecy (Ardennes).

Jean Lotinet loua son usine à Mongin Colin qui la quitta en 1639 pour aller exploiter celle d’Harcigny. Jean reprit sa papeterie et la fit encore fonctionner bien qu’elle fût fort défectueuse. Sa fille Françoise épousa, par contrat du 20 juin 1643, Denis Chardon, auquel elle apporta le quart de la papeterie qui tombait en ruine. Jean Lotinet s’entendit, l’année suivante, avec son gendre pour exploiter pendant trois ans à frais communs ce qui restait des usines. Toutes deux étaient réduites à l’état de masures lorsque l’abbaye de Foigny s’en remit en possession par sentence de Simon Caron, son lieutenant de justice, du 7 novembre 1656, rendue contre Denis Chardon et Françoise Lotinet, sa femme, qui en étaient alors détenteurs et redevaient cinq années de la redevance principale en argent et vingt années des autres.

 

 

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